Chiba - Le président américain Donald Trump a commencé
dimanche par une partie de golf
avec le Premier ministre japonais Shinzo
Abe la deuxième journée de sa visite d’État de quatre jours au Japon,
s’offrant un moment de détente avant des discussions officielles qui
devraient porter sur le commerce et la Corée du Nord.
Par une chaleur déjà écrasante dès le matin, avec des températures
promettant de dépasser 30 degrés, et sous un ciel sans nuages,
l’hélicoptère Marine One s’est posé dans un bruit de tonnerre sur le
gazon du paisible club de golf Mobara dans la préfecture de Chiba près
de Tokyo.
M. Abe, pantalon blanc et veste de sport bleue, attendait son
partenaire de jeu. C’est lui qui a pris le volant de la voiturette pour
accompagner son hôte vêtu lui d’un pantalon noir et d’un pullover rouge
et coiffé d’une casquette rouge arborant les lettres USA.
Les deux hommes, après un petit déjeuner au club, ont joué une
partie de 16 trous seulement, l’espace des deux derniers étant occupé
par des hélicoptères et l’équipe de sécurité.
« Le Japon adore »
Tweet enthousiaste de Donald Trump: « Dans un instant je joue au golf avec @AbeShinzo. Le Japon adore ce jeu ».
Il avait lancé plus tôt dans la matinée un autre Tweet, sur la
Corée du Nord cette fois, dans l’intention apparente de calmer les
tensions suscitées par les deux tests de missiles effectués début mai
par Pyongyang, après l’échec de son deuxième sommet avec le dirigeant
nord Coréen Kim Jong Un, en février à Hanoi.
« La Corée du Nord a lancé quelques petites armes, ce qui a
dérangé certains dans mon pays et d’autres, mais pas moi », a tweeté M.
Trump. « Je fais confiance au président Kim pour tenir sa promesse à mon
égard », a-t-il ajouté.
Après le golf les deux dirigeants vont se rendre à la finale du
Tournoi de sumo en cours à Tokyo, et M. Trump remettra la “Coupe
présidentielle”, une trentaine de kilogrammes et 1,4 mètres de haut, au
vainqueur. On sait depuis les dernières joutes de samedi après-midi
qu’il s’agira du Japonais Asanoyama, qui restera quoi qu’il arrive
dimanche détenteur du plus grand nombre de victoires.
Les choses sérieuses en matière de diplomatie commenceront lundi.
Le président américain sera le premier dirigeant étranger à rencontrer
le nouvel empereur Naruhito, monté sur le trône du Chrysanthème le 1er
mai, après l’abdication de son père Akihito. Les autres dirigeants
devront attendre des festivités organisées en octobre pour avoir cet
honneur.
Il aura aussi à Tokyo des discussions sur les négociations
commerciales en cours entre les Etats-Unis, première économie du monde
et le Japon, troisième, destinées à parvenir à un accord bilatéral.
Equilibrer le commerce
M. Trump a d’ailleurs mis les pieds dans le plat à peine arrivé
sur le sol nippon samedi, fustigeant des échanges commerciaux selon lui
déséquilibrés à l’avantage du Japon.
S’il a reporté la semaine dernière de six mois l’imposition de
droits de douane supplémentaires sur les importations de voitures
japonaises et européennes, il a également déclaré que la dépendance des
États-Unis envers l’industrie automobile étrangère représentait une
menace pour la sécurité nationale américaine - ce qui n’a pas manqué
d’irriter les géants comme Toyota.
Cela va devenir « un peu plus juste », avait ajouté samedi le
président américain devant les PDG japonais, dont ceux du secteur
automobile, dans une allusion aux discussions en cours.
Cependant, les spécialistes n’attendent pas de résultats concrets
pendant la visite présidentielle en raison de la perspective au Japon
d’élections sénatoriales en juillet et de rumeurs persistantes prêtant à
M. Abe l’intention d’appeler aussi à des élections législatives
anticipées.
Le ministre japonais de l’Économie, Toshimitsu Motegi, et le
représentant américain au Commerce Robert Lighthizer, ont discuté
pendant deux heures samedi soir en marge de la visite de M. Trump.
A l’issue de cet entretien, M. Motegi constatait devant la presse
un approfondissement de la compréhension mutuelle entre les deux parties
sans que cela signifie que leurs positions soient en parfaite harmonie.
« Nous avons convenu qu’il nous fallait faire des efforts pour
parvenir prochainement à un accord (...) mais je ne pense pas que nous
le signerons le 27 », a ajouté le ministre japonais.
Par Le Journal de Montréal

