
L’ancien chef du gouvernement, en poste de 2012 à 2017, a été entendu
par un juge d’instruction
après son audition dans le cadre d’enquêtes
anticorruption.
L’ancien premier ministre d’Abdelaziz
Bouteflika, Abdelmalek Sellal, a été écroué à son tour. Ce proche de
l’ancien président a été entendu jeudi 13 juin par un juge d’instruction
après son audition dans le cadre d’enquêtes anticorruption, ont annoncé
la radio et la télévision nationales.
Premier
ministre de 2012 à 2017, M. Sellal est le deuxième premier ministre de
M. Bouteflika envoyé en prison en deux jours. Mercredi, un juge a placé
en détention préventive Ahmed Ouyahia, quatre fois chef du gouvernement
en Algérie dont trois fois sous la présidence d’Abdelaziz Bouteflika,
contraint à la démission le 2 avril par un mouvement de contestation
inédit, après vingt ans à la tête de l’Algérie.
Depuis
la démission du président, la justice algérienne a lancé plusieurs
enquêtes et placé en détention provisoire de puissants hommes
d’affaires, la plupart soupçonnés d’avoir profité de leurs liens avec le
chef de l’Etat déchu ou son entourage pour obtenir des avantages ou des
marchés publics.
La contestation continue
Certains observateurs craignent que ces enquêtes servent le double objectif d’offrir des « têtes » à la contestation – qui qualifie depuis le 22 février les dirigeants algériens de « gang » de « voleurs » ayant « pillé le pays » – tout en favorisant une purge dans le cadre de luttes de clans au sommet.
Le
départ du président Bouteflika n’a pas calmé la contestation, qui
continue de réclamer massivement le départ de l’ensemble des anciens
fidèles, toujours aux commandes, du président déchu, en tête desquels le
président par intérim Abdelkader Bensalah et le chef d’état-major de
l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, devenu de fait le véritable homme
fort du pays.
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