Cameroun : Les militants du MRC doivent poursuivre les marches et remplir toutes les prisons du Cameroun dans la non-violence.

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Comment nous avons choisi de réagir face à l'oppression.
Lorsque j'observe ce qui se passe au Cameroun je peux me permettre de sourire, oui je peux me le permettre parce que j'observe un changement qualitatif dans la réaction du peuple auquel j'appartiens, ou du moins d'une partie de celui-ci, face à l'oppression.
Pendant trop longtemps nous avons fui nos responsabilités ; comme nos parents, nous avons voulu nous colorer à la misère, l'admettre comme étant une fatalité. La soif, la faim, les maladies, les négligences médicales, les violences policières, les injustices de tout genre, les accidents de la route liés au mauvais état de la route, le népotisme, le vandalisme d'État et autres calvaires étaient devenus notre mode de vie.
Et lorsqu'on était incapable d'accepter ces conditions misérables la solution était encore de fuir, fuir vers l'incertain traversant des déserts, y laissant parfois notre peau. Combien de Camerounais sont morts en Libye, au Maroc, dans la Méditerranée alors qu'ils tentaient de fuir leur pays en poursuivant le rêve d'une vie meilleure de l'autre côté ? Combien de Camerounais une fois en Europe et dans les Amériques ont laissé derrière eux l'appartenance à un pays meurtri dans son écorce par la gouvernance du diable ?
Aujourd'hui tout çà a changé,
-- ceux qui sont partis veulent revenir. Et ils mettent tout en œuvre pour que cela soit possible ;
-- ceux qui ne sont pas partis n'entendent pas le faire. Ils ont refusé d'abandonner leur pays entre les mains de satan et sa clique, je dis Satan et je sais que vous comprenez Biya.
Aujourd'hui je suis heureux parce que les camerounais ont compris qu'il vaut mieux chasser le diable de la seule maison qu'on a plutôt que d'aller habiter chez le voisin qui lui aussi a une maison hantée par des démons qu'on ne maîtrise pas. Or, les démons de notre maison sont à notre portée. Nous savons qui ils sont. Nous savons même qu'ils jouissent des soutiens des faux prêtres et faux pasteurs. Désormais nous avons choisi de les affronter, pas seulement pour nous mais pour nos enfants aussi. Parce que c'est dans cette maison qu'ils doivent vivre...
Et pour çà le camerounais qui se bat a vite fait de banaliser la prison, au moins parce qu'elle n'a pas la forme d'un cercueil. Si bébé Martha de 04 mois avait eu le choix entre mourir pour rien, là dans son lit, et se faire, je dis bien se faire, prisonnière du satrape pour lui avoir opposé une marche pacifique, elle aurait choisi de marcher et d'aller en prison.
Ce qui apaise les coeurs des prisonniers politiques au démeurant, c'est de se rendre compte que c'est la quête de la justice, celle de la vérité et du bien-être commun qui les a conduits derrière les barreaux. Dès lors la prison sous une dictature devient une passerelle entre le monde que l'on combat et celui auquel l'on aspire.
Voilà pourquoi exactement le 01 juin dernier, après qu'on ait arrêté quelques uns une centaine s'est retrouvée devant les camions de la police politique de satan, à mendier leur arrestation ; voilà pourquoi lorsqu'une vague a été libérée elle s'est précipitée de rassurer l'opinion de ce qu'elle sera présente à la marche du 08 prochain, "même avec des béquilles" a martelé l'une des femmes libérées.
Ce matin en entrant au pénitencier central de Nkondengui la centaine de nouveaux pèlerins sur le chemin de la liberté chantait sa joie en chœur avec les ANCIENS venus l'accueillir. Car pour le pèlerin de la liberté et de la justice, la révolution est un voyage et la prison un lieu de transit, une salle d'attente tout simplement.
Kand Owaslki