
Quelque trois
cents partisans du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun ont été
arrêtés samedi
1er juin au cours de manifestations interdites dans le pays, a appris Sputnik. Les manifestants réclamaient la libération de Maurice Kamto et de 150 de leurs sympathisants, écroués depuis fin janvier à la suite de l’une de ces marches blanches.
1er juin au cours de manifestations interdites dans le pays, a appris Sputnik. Les manifestants réclamaient la libération de Maurice Kamto et de 150 de leurs sympathisants, écroués depuis fin janvier à la suite de l’une de ces marches blanches.
«La
marche a été arbitrairement réprimée par la violence, c’est un
scandale. Il faut le dénoncer, tout comme les velléités d’empêchement
d’exercice de leurs droits constitutionnels à manifester pacifiquement
par les Camerounais. On s’est déployé notamment à Yaoundé [capitale du
Cameroun, dans le sud du pays, ndlr], à Nkongsamba, à Douala, à
Bagangté, à Bafoussam [quatre localités de l’ouest du pays, ndlr], etc.
L’exemplarité des marcheurs faisait l’unanimité. Et donc, à la surprise
générale, c’est la répression et la violence sauvage qui ont été
opposées dans la plupart des cas aux marcheurs. C’est le cas à Douala et
à Yaoundé»,
relate Olivier Bibou Nissack, porte-parole de Maurice Kamto, joint au téléphone par Sputnik, avant de poursuivre:
«Dans les autres régions, nous sommes encore en
train de pointer les différentes informations relatives à la marche,
notamment à l’ouest. Nous ne voulons pas faire d’affirmations
fallacieuses. Il y a eu des répressions sauvages et violentes perpétrées
par des forces de police et de gendarmerie, qui ont fait usage de gaz
lacrymogène, de jets d’eau et qui ont violenté physiquement les
marcheurs. Nous avons d’ailleurs des cas de blessés graves. En me
fondant sur le pointage effectué par les équipes de défenses, les
avocats ont dénombré 350 personnes minimum arrêtées sur l’ensemble du
théâtre de la marche blanche du 1er juin.»
«Mamadou Mota a été déplacé dans un lieu
inconnu. Nous avons également l’un des conseillers spéciaux, Biloa Effa,
qui est un chef coutumier très important de la région du Centre
Cameroun, détenu dans des conditions alarmantes au Commissariat central
No 1 de Yaoundé, tout comme le responsable régional du parti dans le
Sud, le Dr Apollinaire Oko. Il y a en outre plusieurs autres cadres
arrêtés», poursuit le porte-parole de Maurice Kamto.
En prison depuis la fin janvier Maurice Kamto maintient la pression
sur les autorités de Yaoundé. Cet opposant de Paul Biya, qui avait
proclamé sa victoire dès le lendemain de la présidentielle, ainsi que
ses partisans ont démarré depuis le vendredi 26 octobre 2018 une série
de manifestations au Cameroun et à l’étranger pour dire non à ce qu’ils
appellent «hold-up électoral».
«Nous souhaitons que cette figure importante du
Cameroun puisse être libérée», a déclaré Jean-Yves Le Drian, ministre
français des Affaires étrangères, mercredi 29 mai devant la Commission
des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
«Nous faisons pression régulièrement,
fortement, y compris le Président de la République qui a appelé le
président Paul Biya à trouver des solutions.»
«Ce que le MRC fera restera en cohérence avec
ce qu’il a toujours fait. La constance qui se dégage de l’attitude du
MRC depuis le début du Plan national de défense pacifique est fondée sur
un triptyque: la non-violence, la légalité, et la constitutionnalité
des actions du parti […] le MRC restera fidèle à cette pédagogie pour
les échéances à venir, notamment à commencer par les manifestations
prévues le 8 juin prochain», conclut Olivier Bibou Nissack au micro de
Sputnik.
Par sputnik

