
« Où investir en
Afrique » se révèle un outil précieux pour les investisseurs petits et
grands, car il compile les meilleures statistiques sur le continent et
dans tous les domaines (politique, financier, juridique, social,
technique).
Ce document – dont le top 10 avait été dévoilé en
septembre mais dont la version complète a été rendue publique début
février, peut être lu à plusieurs niveaux.
À première vue, le classement général de 53 pays africains
(la Somalie, éclatée, n’a pas été prise en compte) ne surprendra pas.
Les pays les mieux classés sont les plus grands et les plus paisibles
relativement : l’Égypte vient en tête suivie de l’Afrique du Sud qu’elle a détrônée depuis deux ans,
puis viennent le Maroc, l’Éthiopie et le Kenya. En queue, les petits
mal en point : Centrafrique, Burundi, Congo (Brazza), Guinée équatoriale
et, bon dernier, le Sud-Soudan.
Gigantesques besoins de financements
La stabilité du classement est la règle d’une année sur l’autre.
C’est pourquoi on notera ceux qui améliorent leur rang comme le Nigeria
(+ 5 places), l’Angola (+ 7 places), le Zimbabwe (+ 11 places) et la
Libye (+ 13 places) et ceux qui reculent tels le Lesotho, le Togo le
Liberia, le Ghana (- 4 places pour chacun d’eux) ou le Mozambique (- 11
places).
Mais au-delà de cet aperçu sommaire, le continent est passé au
scanner. Ses besoins de financement pour accélérer son développement
sont gigantesques, soit entre 130 et 170 milliards de dollars par an,
quand il en reçoit seulement 45 milliards, selon la Banque africaine de
développement.
Ses points forts sont répertoriés : croissance soutenue, richesse en
ressources naturelles, croissance démographique, pouvoir d’achat en
hausse, urbanisation rapide. Ses points faibles aussi : hausse
dangereuse de la dette, mauvaise gouvernance, manque d’infrastructures.
Évidemment, les secteurs les plus porteurs concernent d’abord le
sous-sol (hydrocarbures, produits miniers), mais l’agriculture arrive
juste derrière.
Boussole
Le rapport propose en outre divers classement, en fonction de critères sociaux, économiques ou d’infrastructures. En matière de climat des affaires, les trois premiers d’Afrique sont Maurice, le Rwanda et le Botswana. Les meilleures infrastructures se trouvent aux Seychelles, en Égypte et à Maurice. Les technologies de l’information et le numérique se sont épanouies d’abord à Maurice,
aux Seychelles et en Afrique du Sud. L’indice de développement humain
classe quant à lui en tête les Seychelles, Maurice et l’Algérie. En matière de santé, brillent particulièrement la Tunisie, la Libye et les Seychelles.
Enfin, les investisseurs qui hésiteraient entre deux pays
consulteront avec profit leur fiche d’identité respective qui se trouve à
la fin du rapport. En bas de chacune d’elles, se trouve « le facteur le
plus problématique pour faire des affaires ». En Algérie, c’est la
bureaucratie qui est épinglée ; au Cameroun, la corruption ; en RDC,
l’accès aux financements ; à Madagascar, l’instabilité due aux coups
d’État.
Le rapport de la RMB n’est assurément pas un vademecum, mais plutôt
une boussole pour s’y retrouver dans la complexité et la diversité du
continent africain afin d’y miser son argent à bon escient.
Par Jeune Afrique
Investir En Afrique : Top 50 des secteurs porteurs en Afrique

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