
Tribune.
Emmanuel Macron a rappelé lors de ses vœux aux Français que la lutte
contre le
réchauffement climatique reste une de ses priorités, et à
juste titre. En effet, d’ici à 2100, la moitié de l’humanité sera
menacée par des catastrophes climatiques massives et simultanées. Les
conséquences économiques ne seront pas moins graves : le rapport du
Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) du
8 octobre 2018 estime à 54 000 milliards de dollars les coûts d’ici à
2100 d’un réchauffement de + 1,5 °C. Ainsi, en matière de climat,
réduire le réchauffement doit être notre seul et unique objectif.
Alors
que les Etats viennent d’entériner lors de la COP24 la trajectoire
esquissée par l’accord de Paris et qui nous mène à un réchauffement de +
3,2 °C en 2100, les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont
encore augmenté en 2018. Dès lors, comment peut-on se satisfaire de ce
statu quo, d’autant plus que même l’objectif de limiter le réchauffement
à + 1,5 °C (si on y parvient), est bien trop timide ? + 1,5 °C aurait
des coûts économiques, humanitaires, et environnementaux tout simplement
inacceptables.
Non,
la situation de la planète et la trajectoire sur laquelle nous sommes
sont trop graves. Nous n’avons plus d’autre choix que de prendre les
armes contre le réchauffement et lui mener une véritable guerre.
L’objectif ? Revenir aux températures préindustrielles (réchauffement +
0 °C) d’ici à 2100.
De
quelles armes l’humanité pourrait disposer contre le réchauffement
climatique ? Un fait méconnu est que d’autres activités humaines que les
émissions de gaz à effet de serre influencent fortement le climat, de
manière active bien qu’involontaire, et pas toujours de manière néfaste
(au moins en matière de réchauffement). En voici deux exemples.
Aérosols et baisse de température
Le
premier fait d’importance est que les aérosols (des polluants
atmosphériques réfléchissant l’énergie solaire) produits par les
activités humaines ont refroidi la planète. Les dernières études
climatologiques, synthétisées récemment dans une perspective pour le
magazine scientifique Science (B. H. Samset, Science,
avril, 2018), indiquent que sans les aérosols la température moyenne de
surface serait au moins de 0,5 °C supérieure à la température actuelle,
c’est-à-dire que nous serions déjà au-delà des + 1,5 °C de réchauffement
par rapport au niveau préindustriel !
Par Le Monde

