
Après avoir quitté le pouvoir, Joseph Kabila est rattrapé par un nouveau
scandale. Son entourage et
lui auraient tenté de prendre le contrôle
des banques de la RDC d'après une enquête de l’ONG américaine "The
Sentry".
L’affaire est révélée dans un rapport publié par l’ONG américaine The
Sentry, cofondée par l’acteur George Clooney. Selon ce rapport, quelques
140 millions de dollars pourraient ainsi avoir bénéficié au clan de
l’ex-chef d’état congolais.
Au cœur de ce scandale se trouve la « Kwanza Capital », une société
d’investissement créée, selon l’ONG Sentry, par Francis Selemani Mtwale,
un des frères de Joseph Kabila.
Kwanza Capital a participé à
plusieurs tentatives d’acquisitions de banques congolaises grâce à des
fonds en partie détournés des coffres du gouvernement.
Des opérations douteuses
Et
selon le rapport, cette société a pris également des parts dans des
banques commerciales au Congo et obtenu de nombreux avantages, des
prêts, sans pour autant être soumise à un véritable contrôle entre 2013
et 2017, pendant que Kabila était au pouvoir.
The Sentry avance ainsi le chiffre de 180 millions de dollars que le clan Kabila aurait amassé comme l’explique l’ONG.
"On
espère que les citoyens congolais peuvent voir ce que les anciens
dirigeants du pays ont fait avec des fonds publics et ce qu’ils ont fait
avec le secteur bancaire. Et c’est très important de souligner cela.
Parce que le niveau de bancarisation en RDC, c’est un quart du niveau en
Afrique subsaharienne en général, c’est à dire 6 %. Donc peu de gens en
RDC ont accès aux services bancaires, a déclaré John Dell’osso, l’auteur du rapport."
Selon
l’activiste et lanceur d’alerte congolais Jean Jacques Lumumba, ce
rapport est une interpellation directe à l’actuel président Félix
Tshisekedi qui a promis des réformes pour assainir la gouvernance
publique.
"C’est un test pour le président Tshisekedi. C’est
maintenant qu’il doit réagir et prendre les bonnes mesures pour éviter
que des choses pareilles se reproduisent à l’avenir. C’est à lui comme
il l’a promis de réellement lutter contre la corruption, de prendre des
mesures qui vont marquer la rupture entre lui et l’ancien régime. Parce
qu’on a déjà vu des rapports semblables sortir quand le président Kabila
était au pouvoir et du fait qu'il était impliqué, rien ne se faisait.
Maintenant, nous voulons vraiment sentir la rupture parce que le
président Tshisekedi nous a promis de lutter contre la corruption."
Notons
que cette affaire a aussi une portée internationale car selon Sentry,
ces détournements de fonds auraient servi les intérêts de sociétés
basées sur trois continents.
Par DW.COM

