Le chef du mouvement chiite libanais Hezbollah a prévenu
vendredi que toute guerre contre
l’Iran affecterait l’ensemble du
Moyen-Orient, alors que les tensions grandissent entre Washington et
Téhéran.
Le président américain Donald «Trump, son administration et ses
services de renseignement savent très bien que toute guerre contre
l’Iran ne restera pas confinée aux frontières de l’Iran», a mis en garde
Hassan Nasrallah.
«Toute guerre contre l’Iran signifiera que toute la région
s’embrasera», a ajouté le chef du mouvement soutenu par l’Iran lors d’un
discours télévisé. «Et toutes les forces américaines et les intérêts
américains seront sanctionnables».
Créé au début des années 1980, le Hezbollah est classé comme
«organisation terroriste» par les États-Unis et a mené plusieurs guerres
contre Israël dans le sud du Liban.
Dans son allocution, M. Nasrallah s’en est également pris au plan
de paix proposé par les États-Unis pour mettre fin au conflit
israélo-palestinien, que M. Trump a qualifié d’«accord du siècle».
«Notre devoir est de nous opposer à "l’accord du siècle"», déjà rejeté
par les Palestiniens, a lancé le chef du Hezbollah. «C’est un accord
vide (...), un crime historique».
Des milliers d’Iraniens ont participé à des manifestations
vendredi pour soutenir la cause palestinienne et rejeter le plan
américain.
C’est le gendre et conseiller du président américain, Jared
Kushner, qui a ébauché le plan de paix longuement attendu. Ses aspects
économiques doivent être présentés le mois prochain lors d’une
conférence à Bahreïn, ses éléments politiques restant pour l’instant
inconnus.
Jared Kushner avait confirmé début mai que «l’accord ultime» ne
devrait pas faire référence aux «deux États» pourtant au cœur de la
diplomatie mondiale depuis des années.
Les Nations Unies ont annoncé vendredi qu’elles ne prendraient pas part à la conférence prévue les 25 et 26 juin à Manama.
Les dirigeants palestiniens, eux non plus, ne feront pas le
déplacement, estimant que Washington n’est pas un interlocuteur crédible
à cause de son soutien sans faille à l’État hébreu.
Les pays arabes du Golfe réunis à La Mecque (Arabie saoudite) ont
apporté leur «appui à la stratégie américaine à l’égard de l’Iran», qui
prévoit des sanctions accablantes et un déploiement militaire massif.
Hassan Nasrallah a souligné dans son discours que le Hezbollah
était une force sur laquelle il fallait compter. «Nous avons des
missiles de précision au Liban, assez pour être capables de changer le
visage de la région», a-t-il lancé.
Le mouvement libanais soutient le régime de Damas dans la guerre
civile qui dévaste la Syrie, et est également accusé de soutenir les
rebelles dans le conflit au Yémen.
Le processus de paix israélo-palestinien est au point mort depuis
2014. Et les dirigeants palestiniens boycottent l’administration Trump
depuis qu’elle a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre
2017.
Par Le Journal de Montréal

