
Beaucoup estiment que les frictions commerciales sino-américaines
actuelles ne concernent que le
champ économique, alors qu’on assiste
essentiellement à la collision de trois concepts idéologiques.
Premièrement, la collision entre le concept chinois de communauté de
destin pour l’humanité et les priorités américaines du gouvernement de
M. Trump. La communauté du destin pour l’humanité a été proposée par le
président chinois Xi Jinping en 2013. Il l’a mentionnée lors de la 70ème
Assemblée générale des Nations unies le 28 septembre 2015, puis dans un
discours au siège des Nations unies à Genève le 18 janvier 2017, où il a
davantage élaboré et approfondi sa pensée. En février 2017, une
résolution de l'ONU a ainsi intégré ce concept pour la première fois.
C’est un élément important de la pensée du socialisme à la chinoise
de la nouvelle ère de Xi Jinping depuis le XVIIIe Congrès national du
PCC. Elle consiste à construire un monde beau, propre, ouvert et
inclusif, marqué par la paix durable, la sécurité universelle et la
prospérité commune.
La doctrine « America First » du président américain Donald Trump au
cours de sa campagne présidentielle oriente désormais la politique
étrangère du pays. On constate depuis que tout repose essentiellement
sur les intérêts américains et cela se fait au détriment de la
confiance, de l’équité et de la justice. Exit de l'Accord de Paris sur
le climat, de l'Accord sur le nucléaire iranien, du Traité sur les
missiles stratégiques à portée intermédiaire et de l'UNESCO. Toujours
dans la même logique, les Etats-Unis, ont imposé des droits de douane, y
compris sur leurs alliés, et lancé des guerres commerciales qui nuisent
au développement de l’économie mondiale.
Le concept de communauté de destin pour l’humanité repose sur la
coopération et le gagnant-gagnant, et contribue à la prospérité et au
bien-être de l’humanité tout entière, alors que la doctrine « America
First » repose sur la rivalité et la recherche de ses propres intérêts.
Ils sont donc aux antipodes l’un de l’autre.
Deuxièmement, on constate la collision entre le multilatéralisme
commercial chinois et le conservatisme unilatéral américain. Encore
récemment, la Chine a joué un rôle important en organisant l’Exposition
internationale d’importation et le Forum de « la Ceinture et la Route »
pour la coopération internationale. Le 26 avril, lors de la cérémonie
d'ouverture de la seconde édition dudit forum, le Président Xi Jinping a
souligné qu'il était nécessaire de respecter le principe de
concertation, de synergie et de partage, d’exploiter les avantages et
les potentialités de chacun, et de ne pas former des cliques exclusives
et fermées, mais de poursuivre l’ouverture, de promouvoir le
développement vert par le biais des infrastructures, des investissements
et de la finance afin de protéger notre « foyer commun ». Des paroles
qui ont été saluées par la communauté internationale.
Le gouvernement de M. Trump ne reconnaît faire preuve de
conservatisme unilatéral, mais de par son orientation politique, son «
retrait » et l’utilisation des droits de douane, la communauté
internationale voit clairement la tendance à l’unilatéralisme de ce
gouvernement qui n’en fait qu’à sa tête, ignore les intérêts légitimes
des autres pays ainsi que les critiques et la condamnation de l’opinion
publique internationale. Tout cela a un impact dévastateur sur la paix,
le développement et le progrès dans le monde.
Troisièmement, l’endiguement par les Etats-Unis de la montée en
puissance de la Chine place les deux pays sur une trajectoire de
collision. Le gouvernement de M. Trump a provoqué les frictions
commerciales sino-américaines notamment dans le but d’endiguer la Chine.
Les Etats-Unis craignent que de par sa montée en puissance, la Chine ne
remplace leur statut dans le monde. Si la partie chinoise souhaite que
les Etats-Unis soient membres à part entière de la communauté de destin
pour l’humanité, ces derniers voient la Chine comme une composante du «
piège de Thucydide ». Le gouvernement américain s’en sert ainsi pour
faire obstacle au développement chinois, et c’est vrai du Parti
démocrate comme du Parti républicain. Sous l'administration de M. Obama,
les Etats-Unis avaient tenté de limiter le développement de la Chine en
semant la zizanie en mer de Chine méridionale. Le gouvernement de M.
Trump a de son côté recourt aux frictions commerciales. La Chine ne
restera cependant pas impuissante : elle tentera de persuader les
Etats-Unis de revenir sur la voie de la coopération gagnant-gagnant, et
si cela ne fonctionne pas, elle prendra des mesures appropriées.
Dans ces collisions, la doctrine « America First » et
l’unilatéralisme n’ont pas grand-chose à voir avec la Chine, car il
s’agit essentiellement de problèmes de développement économique et
social interne aux Etats-Unis. La solution consiste en des ajustements
par des réformes, et non pas par la force avec des pays ayant un lien
commercial étroit avec les Etats-Unis, comme la Chine et l’Union
européenne. L’endiguement américain vis-à-vis de la Chine est le
principal obstacle aux relations sino-américaines. Dans ce contexte, les
frictions économiques et commerciales vont perdurer et ne prendront pas
fin avec la signature d’un accord sur le commerce.
Par french.beijingreview.com.cn

