
Paul Bismuth ! Qui a eu l'idée d'inventer ce nom, Nicolas Sarkozy lui-même, ou son avocat et ami,
Thierry Herzog (en photo ci-dessous)
? A la justice française, peu lui importe, mais en arriver à utiliser
une fausse identité comme dans un mauvais film d'espionnage, afin de
tromper les enquêteurs de police, cela, les juges ne l'ont vraiment pas
digéré. Dans le réquisitoire du Parquet national financier, prononcé le 5 octobre 2017, les termes employés le montrent bien : le journal Le Monde
a révélé que, selon le pôle financier, les méthodes des principaux
prévenus s'apparentaient à celles de "délinquants chevronnés".Les conversations suspectes du mystérieux M. Bismuth
C'est l'ancien président français qui jouait le rôle du personnage fictif Paul Bismuth
dès qu'il passait un appel sur un téléphone portable tenu secret, qui
fonctionnait grâce une carte pré-payée. Quand l'appareil sonnait, il
n'avait aucune crainte à avoir, puisque la seule personne qui
connaissait son numéro, et utilisait également un portable "clandestin",
n'était autre que son défenseur, Me Herzog.
Les
deux hommes ne manquaient pas de sujets de conversation, étant donné le
nombre de casseroles judiciaires que traîne Nicolas Sarkozy derrière
lui depuis plusieurs années... Mais leur thème préféré tournait autour
de Gilbert Azibert, haut magistrat de la Cour de cassation à l'époque des faits (photographié ci-dessous),et qui pouvait se montrer utile pour obtenir de précieuses informations sur les instructions en cours concernant l'ex-chef d'Etat.
Une triste première sous la Ve République française
Voici donc le trio dont le procès a été annoncé ce mercredi, tous les recours ayant été épuisés. Sarkozy,
Herzog et Azibert vont être jugés pour "corruption" et "trafic
d'influence" devant la 32ème chambre du tribunal correctionnel de Paris
dans les mois qui viennent. La date n'a pas encore été arrêtée, mais cette comparution promet d'être retentissante.
Ce
sera la première fois sous la Ve République française, autrement dit
depuis 1958, qu'un ancien président sera en procès pour corruption.
L'avocat Herzog et l'ex-haut magistrat Azibert doivent être également
jugés pour "violation du secret professionnel".
Les affaires judiciaires de Sarkozy, comme des poupées russes !
Les
affaires judiciaires qui s'accumulent au-dessus de la tête de l'ancien
patron de la droite française sont un peu comme des poupées russes,
elles s'emboîtent. C'est d'ailleurs grâce aux écoutes téléphoniques,
ordonnées par la justice pour confirmer ou infirmer les accusations de
financement illégal de la campagne du candidat Sarkozy pour l'élection
présidentielle de 2007 - financement qu'on soupçonnait d'avoir été
effectué en partie par le régime du défunt dirigeant libyen, le colonel Kadhafi -, que les enquêteurs se sont aperçu que certaines conversations paraissaient être faites secrètement.
Les
portables du mystérieux M. Bismuth et de son unique interlocuteur ont à
leur tour été mis sur écoute. La boucle était bouclée ! A partir de
2014, Gilbert Azibert, alors premier avocat général à la Chambre de
cassation, était souvent évoqué dans le dialogue secret comme une
personne paraissant dévouée, capable de donner des informations
importantes, voire même d'essayer d'influencer ses collègues magistrats.
Il était question de le récompenser en lui faisant accéder à un poste
important à Monaco. L'ancien juge a tout nié et devrait continuer de le
faire.
Par euronews.com

