
Au Sénégal, après la réaction du président Macky Sall à l’enquête sur l’attribution de marchés pétroliers de nos confrères de la BBC, le gouvernement a tenu une conférence de presse mercredi 5 juin au soir. L’exécutif rejette en bloc les éléments de l’enquête et charge la chaîne publique britannique.
C’est la porte-parole du gouvernement Ndèye Tické Ndiaye Diop qui a
été choisie pour mener la riposte. À la tribune au ministère des
Affaires étrangères, la ministre se lance dans la lecture d’une
déclaration-fleuve du gouvernement.
Pour le pouvoir, l’enquête de la BBC est « un
tissu de contre-vérités (…) destinées volontairement à manipuler
l’opinion et jeter le discrédit sur le gouvernement et l’État du
Sénégal. Le reportage de la BBC est marqué par un parti-pris et une
intention manifeste de nuire. »
Un chiffre imaginaire
S’en
suit alors le fastidieux déroulé de la chronologie de l’attribution du
marché des deux exploitations pétrolières concernées à la société de
Franck Timis. Le documentaire affirme que l’homme d’affaires roumain
recevra 10 milliards de dollars sur 40 ans de la part de BP, British
Petroleum. Un manque à gagner pour les Sénégalais, dit la chaîne
britannique. Faux, répond la porte-parole.
« Ce chiffre est
purement imaginaire. Il ne correspond à aucune réalité économique et
financière du projet, encore moins à quelconque perte de revenus futurs
pour l’État du Sénégal », affirme Ndèye Tické Ndiaye Diop.
Le gouvernement dit se réserver le droit de « donner toute suite appropriée à ce dossier ». Peu d’éléments de défense sur le fond ont été mobilisés. Rien par exemple sur les supposés 250 000 dollars qu’aurait touché le frère du président Macky Sall, Aliou Sall, dont le nom n’a jamais été prononcé. La presse n’a pu poser aucune question lors de cette déclaration.

