
La principale coalition d’opposition a annoncé samedi soir avoir accepté un plan proposé par la médiation éthiopienne prévoyant la formation d’un gouvernement de transition composé majoritairement de civils, et qui dirigerait le Soudan jusqu’à des élections prévues dans trois ans.
La proposition éthiopienne prévoit un gouvernement de transition
constituée de 15 personnes : huit civils et sept militaires. Sur les
huit civils, sept seraient issus de l’Alliance pour la liberté et le
changement, fer-de-lance de la contestation. Le huitième poste serait
attribué à une personnalité jugée impartiale.
Selon un
porte-parole de l’opposition, cet organe serait dirigé par une
présidence tournante entre militaires et civils, les militaires assurant
la première moitié de la transition.
Cette ébauche de compromis a
donc été acceptée par cette coalition d’opposition. Une rencontre est
d’ailleurs prévue ce dimanche entre elle et le médiateur éthiopien.
Le
Conseil militaire – au pouvoir – n’a pas encore réagi. Mais samedi, son
numéro deux, le général Mohamed Hamdan Dagalo, alias Hemeti, a déploré
que les deux tiers du Parlement soient réservés à cette coalition
d’opposition. « Ce n'est pas possible qu'eux seuls imposent leurs opinions »,
estime celui qui dirige les Forces de réaction rapide (FSR), cette
milice responsable de la dispersion sanglante du sit-in des
manifestants, et dont plusieurs milliers d’hommes sont déployés dans
Khartoum.
Les négociations entre le régime militaire en place et
l’opposition sont suspendues depuis début juin. Les forces de sécurité
avaient alors violemment dispersé un sit-in de manifestants, faisant
plus de 120 morts.

