
La crise dans les provinces anglophones s’enlise. C’est dans ce contexte
qu’une délégation de
parlementaires allemands a récemment séjourné dans
le pays pour proposer une médiation aux protagonistes.
Cette visite s’inscrit dans le droit fil des relations bilatérales entre
l’Allemagne et le Cameroun, deux pays liés par un passé colonial. Et le
séjour de la délégation des députés allemands n’a pas été de aaa tout
repos, comme l’explique Christoph Hoffmann, député du Parti
libéral-démocrate, FDP. "On a parlé avec beaucoup de parlementaires
et officiels. On a parlé avec les anglophones, on a parlé avec des
francophones. Et nous avons lancé une initiative pour demander à la
Chancelière Merkel de visiter le Cameroun et initier un début de
médiation pour résoudre la crise anglophone au Cameroun," explique le député.
Une initiative qui a peu de chances d’aboutir renchérit pour sa part le
politologue Ibrahim Mouiche. Car explique-t-il, les autorités
camerounaises ne seraient pas favorable à un règlement pacifique de la
crise. "La guerre enrichie les militaires. Et j’ai l’impression que
les militaires n’ont pas besoins que cette guerre-là prenne fin. Ce que
je reproche au gouvernement camerounais, c’est d’avoir aussi une
position de va-t’en guerre. Beaucoup de gens veulent un dialogue ouvert
et inclusif au Cameroun. Mais malheureusement, le gouvernement traine
les pieds. Or, je pense que c’est le dialogue qui pourrait résoudre ce
problème," souligne le politologue.
Faux rétorque, l’écrivain Enoh Meyomesse. Il estime que la révolte anglophone s’est transformée en banditisme de grand chemin. "Ils
ont emballé la population pour quelque chose qu’ils considéraient que
ça allait durer trois mois, six mois. Voici la 3ème année. Ils ont perdu
énormément d’influence. C’est pourquoi, ils en sont réduits à une
violence extrême pour terroriser tout le monde," déplore l’écrivain.
Réponse
du politologue Ibrahim Mouiche, "les forces de l’ordre camerounaises
commettent elles aussi de nombreuses exactions, dénoncées d’ailleurs par
les ONG de défense des droits humains, telles Human Right Watch". Et
pour mettre un terme à ce cycle infernal, les autorités doivent repenser
la forme de l’État : décentralisation poussée ou fédération comme ce
fut le cas au début des années 60. C’est ainsi que les frustrations des
populations pourraient être contenues, suggère l’écrivain Enoh
Meyomesse.
Par dw.com

