Plus de 180.000 personnes ont été appelées à évacuer les
zones situées au nord de San Francisco
et menacées par les flammes de
l'incendie Kincade Fire, qui sévit depuis mercredi.
"Évacuez, s'il vous plaît." Face aux ravages de l'incendie Kincade Fire, actif depuis mercredi en Californie, les habitants du comté de Sonoma ont été appelés à quitter la zone, menacée par le feu. "Vous
ne pouvez pas lutter contre ça", a lancé le shérif local, Marc Essick,
pour qui il s'agit de la plus grande opération d'évacuation "jamais vue
par un shérif" du comté : 180.000 personnes sont concernées.
Car
en face, les flammes continuent de progresser: Kincade Fire a déjà
détruit plus de 12.000 hectares au nord de San Francisco. Et le bilan
risque bien de s'alourdir dans les heures et les jours à venir. Dimanche
soir, seulement 5% du feu était contenu par les quelques 3400 pompiers
mobilisés, qui avaient perdu du terrain sur les flammes par rapport à
dimanche matin.
"J'ai laissé toutes mes affaires dans la maison"
Malgré
tout, la décision d'évacuer est souvent difficile à prendre pour les
résidents, qui laissent leur maison derrière eux sans savoir quant - et
si - ils pourront y retourner. Les évacuations ne sont pourtant pas
rares en Californie, où de terribles incendies font régulièrement rage
chaque automne. Le plus meurtrier d'entre eux, Camp Fire, avait fait
plus de 80 morts 2018.
"C'est devenu normal, a assuré au Guardian Brenda Taylor, une habitante de la zone de Santa Clarita, au nord de Los Angeles, où sévit un autre feu, l'incendie Tick. "C'est la vie ici", explique cette femme qui estime avoir déjà quitté sa maison huit ou neuf fois lors des deux dernières décennies à cause des incendies.
"J'ai
laissé toutes mes affaires dans la maison, je m'en fiche! Ce qui
compte, c'est ma vie et la vie des personnes autour de nous", a déclaré à
BFMTV un automobiliste fuyant les flammes. Il a pris la route par peur
de se faire piéger par le brasier.
Peter Bowes, un correspondant de la BBC en Californie, vit lui dans la zone de Santa Clarita, où les habitants ont aussi été appelés jeudi à fuir l'incendie.
"Mon compagnon était dans la maison et n'a eu que quelques secondes pour sortir, prendre le chien et le mettre dans la voiture. C'est arrivé très rapidement, et tous nos voisins ont fait la même chose", a-t-il expliqué, tweetant également des clichés des maisons de ses voisins dont il ne reste plus que des cendres.
"Si la maison brûle, je me tue"
D'autres habitants accusent plus difficilement le coup, comme le raconte le Los Angeles Times.
"Je n'ai pas eu le temps de prendre autre chose", déplore en larmes Eva
Mendoza, interrogée par le journal. Le jour de son anniversaire, elle a
quitté dans la précipitation sa maison de Windsor, au sud du Kincade
Fire, en ne prenant avec elle que sa brosse à dents, quelques habits de
rechange et son chien.
"Je l'ai dit à ma fille: si la maison brûle, je me tue", a déclaré au San Francisco Chronicle Joann, 72 ans, qui a vécu toute sa vie à Santa Rosa, ville menacée par les flammes.
Certains
habitants ne peuvent se résoudre à partir malgré l'état d'urgence
déclaré et l'appel massif à évacuer. C'est le cas de Ken Herland, qui
réside à Santa Rosa.
"Nous venons juste d'installer un toit de métal sur la maison. Je ne pars pas. Je suis déjà parti la dernière fois", assure-t-il au Guardian, faisant référence à un autre incendie, Tubbs, en 2017. "Cette fois, ça me semble pire."
"Nous ne savons pas quand nous pourrons revenir"
Sa
fille Jessica s'est tout de même résolue à évacuer les chevaux vivant
dans leur ranch. Dimanche, la zone où le bâtiment se situe était
partiellement en flammes.
"Pour moi c'est très perturbant parce que nous ne savons pas quand nous allons pouvoir revenir", résume au San Francisco Chronicle Joan, qui a quitté sa maison située à l'ouest de Santa Rosa samedi.
Si
les vents devraient diminuer en puissance ce lundi après-midi et mardi,
ils devraient en effet se renforcer dès demain soir, compliquant de
nouveau la lutte des pompiers contre les flammes. La semaine qui vient
s'annonce par ailleurs très sèche. Aucune pluie n'est prévue en cette
fin de mois d'octobre.
Juliette Mitoyen
Par BFMTV

