L’intensité
des manifestations du mouvement prodémocratique, qui durent depuis huit
mois, est
désormais moindre que ce qu’elle était il y a quelques
semaines encore.
Alors que le mouvement prodémocratique à
Hongkong est entré dans son huitième mois en janvier, plusieurs milliers
de manifestants se sont rassemblés dimanche 19 janvier dans un quartier
commerçant du centre de l’île. L’intensité des manifestations est
désormais moindre que ce qu’elle était il y a quelques semaines encore
(la dernière grande manifestation avait réuni le 1er janvier plusieurs dizaines de milliers de personnes).
Les
autorités du territoire chinois avaient autorisé un rassemblement ce
dimanche dans un parc du centre de Hongkong mais refusé que la
mobilisation se transforme en marche. Mobilisée en surnombre par rapport
aux manifestants, la police est intervenue rapidement dès qu’un cortège
s’est mis en mouvement. Plusieurs policiers ont alors été passés à
tabac par des manifestants.
Un organisateur de la manifestation arrêté
Les
violences ont débuté après l’ordre de dispersion donné par les forces
de l’ordre à la manifestation sur la place de Chater Garden, dans le
quartier de Central.
Un
groupe de policiers en civil qui parlementaient avec les organisateurs
de ce rassemblement a été attaqué par des manifestants masqués qui ont
battu les agents avec des parapluies, a observé un journaliste de
l’Agence France-Presse sur place.
Au
moins deux policiers avaient le visage en sang, alors que des collègues
tentaient de les protéger. La police anti-émeute est ensuite intervenue
en tirant des grenades lacrymogènes pour disperser la foule.
« On ne peut tolérer ce type d’acte consternant », a déclaré la police hongkongaise dans un communiqué sur son compte Facebook. « Nous condamnons fermement tous les émeutiers et tous les actes violents », a réagi devant la presse le porte-parole de la police locale Ng Lok-chun.
Un
des organisateurs de la manifestation, Ventus Lau, a été arrêté sous
l’accusation d’avoir fait obstruction à l’action des policiers, ont
annoncé la police et d’autres leaders du mouvement de contestation.
Il
avait peu auparavant estimé que les membres des forces de l’ordre
étaient les principaux responsables des heurts car ils mettent trop de
temps selon lui à décliner leur identité. D’autres personnes ont été
interpellées, y compris un manifestant qui avait la nuque ensanglantée.
Un début de manifestation pacifique
Hongkong
est depuis juin 2019 le théâtre d’une crise politique sans précédent
depuis la rétrocession de l’ex-colonie britannique à la Chine en 1997.
Le mouvement prodémocratie est né du rejet d’un projet de loi qui devait
permettre d’autoriser les extraditions vers la Chine et a depuis été
enterré. La mobilisation a élargi ses revendications pour exiger des
réformes démocratiques et dénoncer les ingérences de la Chine dans les
affaires de sa région semi-autonome.
Si
la fréquence et l’intensité des manifestations ont diminué ces derniers
mois, les signes de colère demeurent omniprésents, se matérialisant
notamment par les multiples graffitis sur les murs de la ville. « Défendons Hongkong ! Battons-nous pour la liberté »,
scandaient les manifestants dimanche, pour la plupart vêtus de noir, et
masqués afin d’éviter d’éventuelles poursuites ultérieures.
Certains agitaient des drapeaux américains ou britanniques, d’autres des bannières bleues demandant « l’indépendance »
pour l’ex-colonie britannique. De nombreuses familles étaient présentes
avec des enfants, dans une ambiance très pacifique avant que la police
n’ordonne à la foule de partir.
Les
manifestants exigent notamment une enquête indépendante sur ce qu’ils
présentent comme des actes de brutalité policière lors des
manifestations, mais aussi l’organisation d’élections libres ou encore
une amnistie pour les milliers de personnes arrêtées depuis juin. Mais
la Chine, comme l’exécutif hongkongais dirigé par Carrie Lam, se sont
refusés à toute concession supplémentaire.

