Mikhaïl Michoustine est confirmé au poste de Premier ministre.
Cette confirmation intervient
au lendemain de la démission surprise du
gouvernement, afin de faciliter la mise en place de réformes
constitutionnelles voulues par Vladimir Poutine.
Mikhaïl Michoustine a été nommé Premier ministre de la Russie
par Vladimir Poutine. Le directeur fédéral du fisc russe a été
confirmé, jeudi 16 janvier, dans ses nouvelles fonctions par le
Parlement. "La décision est prise", a
déclaré le président de la chambre basse du Parlement, après le vote en
faveur de Mikhaïl Michoustine de 383 députés, pour zéro voix contre et
41 abstentions.
Agé de 53 ans, ingénieur de
formation, le nouveau Premier ministre a fait toute sa carrière au sein
des services fédéraux du fisc, qu'il a rejoints en 1998 et qu'il dirige
depuis 2010. "Michoustine n'a pas la moindre expérience
politique, aucune cote de popularité auprès de l'électorat et il
n'appartient pas au premier cercle de Poutine", observe Tatiana Stanovaïa, du Carnegie Moscow Center, à Reuters.
Interrogations sur les intentions de Poutine
Cette personnalité, peu connue de la scène politique, succède à Dimitri Medvedev, qui a annoncé mercredi la démission inattendue de son gouvernement lors d'une allocution télévisée prononcée en présence de Poutine. Le
départ du gouvernement Medvedev doit permettre à Vladimir Poutine de
lancer une réforme de la Constitution prévoyant notamment un transfert
au Parlement d'une partie des pouvoirs présidentiels, dont la nomination
du Premier ministre, et un renforcement des prérogatives du Conseil
d'Etat.
Ce chantier institutionnel est qualifié par le quotidien Kommersant de "révolution de janvier".
Il alimente les débats sur les intentions de Vladimir Poutine. Selon
les règles en vigueur, ce dernier ne pourra pas se porter de nouveau
candidat à la présidence au terme de son mandat actuel, en 2024. S'il
n'a pas encore dévoilé ses intentions, l'homme qui dirige la Russie
depuis décembre 1999 ne semble pas enclin à faire valoir ses droits à la
retraite dans quatre ans.
Pour l'opposant Leonid Volkov, "il est désormais clair aux yeux de tous que tout concourt exclusivement à installer Poutine dans une forme de pouvoir à vie".
Par Franceinfo

