
Le nouveau coronavirus porte des coups de plus en plus rudes aux
Américains, et ses victimes
"préférées" appartiennent à la communauté
noire. Les statistiques qui commencent à remonter de plusieurs Etats
sont très parlantes, le pourcentage de Noirs décimés par la
pandémie est particulièrement alarmant dans le sud du pays et dans la
grande ville de Chicago. Cette large morbidité s'explique par
la pauvreté qui frappe cette partie de la population, dont découlent de
gros problèmes de santé et un manque d'accès aux soins. Le pire bilan mondial de morts en un jour
Les Etats-Unis dans leur globalité, fortement secoués par le Covid-19, viennent de franchir des caps extrêmes : 1 940 morts en une seule journée, la pire mortalité quotidienne dans le monde depuis le début de l'offensive épidémique, et environ le quart des cas de contamination officiellement éclarés sur la planète, précisément 396 223, c'est à dire 29 609 personnes infectées en plus en 24 heures.
Au total, 12 722 décès sont recensés à ce jour, 8 avril 2020, sur l'ensemble du territoire américain.
Donald Trump,
qui a mis un temps fou à comprendre l'intérêt du confinement pourtant
vivement conseillé par son équipe d'experts scientifiques, a trouvé une
explication à ces différents records :
Les Noirs, plus pauvres, frappés en majorité
L'Etat de New York
reste le plus éprouvé par la pandémie; son record à lui est de 731
nouveaux morts en un jour, ce qui fait monter le bilan à 5 489 habitants
décédés en tout. Cet Etat n'a pas l'habitude de publier des
statistiques ethniques, bien que ce soit le cas pour de nombreuses
autres juridictions.
Les chiffres déjà fournis montrent clairement que les Noirs sont donc les plus douloureusement touchés. Dans l'Illinois,
la communauté ne représente que 14% de la population mais 42% de ses
membres ont succombé aux assauts du Covid-19. Dans les Etats du sud, les
données sont également catastrophiques : en Caroline du Nord, 31% des Noirs sont décédés, alors qu'ils constituent 22% de la population. En Louisiane, 33% des habitants font partie de cette communauté, qui compte actuellement 70% des morts.
A Chicago -
la troisième ville la plus peuplée des Etats-Unis, au nord-est de
l'Illinois -, moins d'un tiers des habitants sont noirs, mais tragique
paradoxe, ces derniers ont un taux de mortalité de 72%. "C'est à couper
le souffle !", s'est inquiétée la maire de la métropole, Lori Lightfoot (ci-dessous).
Plus de comorbidité, moins d'accès aux soins
L'explication
est relativement facile : des inégalités socio-économiques, historiques
aux Etats-Unis, aggravent l'impact de la pandémie sur les
Afro-Américains, beaucoup n'ont qu'un accès limité aux soins et par
conséquent sont moins dépistés. Les médecins s'accordent aussi à dire
qu'ils ont plus de diabète, d'hypertension et de maladies
cardiovasculaires, qui sont des facteurs aggravants.
Le médecin en chef des Etats-Unis, Jerome Adams (ici photographié), est le premier à pouvoir en témoigner.
Jerome
Adams a livré publiquement ses propres problèmes de santé pour
expliquer les conditions inégales dont sa communauté est victime, face
aux ravages provoqués par le nouveau coronavirus :
Des
études montrent également que les couvertures médicales des emplois de
service, majoritairement assurés par des travailleurs noirs, sont bien
inférieures à celles d'autres postes mieux payés. Pourtant, ces petits
boulots exposent bien plus au danger du Covid-19. Georges Benjamin, le président de l'Association américaine de santé publique, l'a expliqué à l'Agence France-Presse :



