
Les derniers migrants incarcérés au mépris des lois par les autorités de Canberra viennent d'être libérés. Mais leur calvaire est loin d'être terminé.
Ils avaient quitté
l'Afghanistan ou la Syrie pour l'Australie. Mais, au lieu de rejoindre
le paradis des surfeurs, ils se sont retrouvés au bagne. Durant des
années, des milliers de migrants, arrivés illégalement par la mer,
ont été systématiquement envoyés dans des camps de rétention sur l'île
de Manus (Papouasie-Nouvelle-Guinée) et sur l'État insulaire de Nauru.
Au total, plus de 3 000 personnes y ont vécu dans des conditions
effroyables de chaleur, de promiscuité et de violences. Oubliées du
monde.
Ces prisons ont fait l'objet de reportages, de films
documentaires chocs et d'un livre, écrit par Behrouz Boochani, un
journaliste qui a passé six ans dans l'une de ces prisons offshore.
"J'ai voulu échapper à un système répressif, mais je me suis retrouvé
incarcéré", résume ce Kurdo-Iranien, dont l'ouvrage, Témoignage d'une île-prison
(Editions Hugo & Cie), a été récompensé par le prix Victoria, la
plus prestigieuse distinction littéraire australienne. C'est notamment
grâce à lui que le monde a pris connaissance du système mis en place par
le gouvernement travailliste de Canberra.
Augustine Passilly (Christchurch)
Par lexpress.fr

