
Alors que Wuhan lève progressivement son confinement depuis quelques jours, 600 000 habitants d'un comté du centre du pays viennent d’être placés en confinement après la découverte d'un cas de Covid-19.
La
deuxième vague de Covid-19 tant redoutée serait-elle en train de
frapper la Chine ? Alors que le pays semblait s’être débarrassé du
coronavirus avec la levée progressive du confinement à Wuhan, le pays
enregistre une hausse des nouveaux cas.
Le
district de Jia, dans le centre du pays, vient d’ordonner le
confinement pour ses 600 000 habitants le 31 mars, après l’apparition de
trois nouveaux cas de Covid-19. Selon le South China Morning Post,
ces contaminations auraient pour origine le retour d’un médecin ayant
travaillé à Wuhan, épicentre de l’épidémie. Il aurait contaminé deux
membres du personnel de l’hôpital de Jia, et un ancien camarade de
classe.
En Chine, retour des mesures de confinement
Des
mesures strictes de confinement ont donc été prises dans ce district
situé dans la province du Henan, frontalière avec celle du Hubei, où se
trouve la ville de Wuhan. Fermetures des magasins non-essentiels,
confinement strict de la population, port d’un masque obligatoire en cas
de sortie motivée par des motifs nécessaires.
La
Chine a fermé ses frontières aux étrangers, mais le retour des
ressortissants chinois est une crainte des autorités sanitaires. Le pays
enregistre une hausse des nouveaux cas de Covid-19 depuis quelques
jours. Sur 48 nouveaux cas enregistrés mardi 31 mars, tous étaient
"importés". Ce qui fait craindre à l’arrivée d’une deuxième vague de
coronavirus dans le pays.
“Il n’y a jamais qu’une seule vague”
Pour
limiter ce risque, au-delà des mesures de confinement dans le district
de Jia, des lieux qui avaient rouvert ont de nouveau fermé au public. À
Shanghai, l'aquarium, le musée de cire Madame Tussauds et deux
gratte-ciels de la ville ont fermé, après avoir rouvert mi-mars.
Un scénario d’une deuxième vague est largement envisagée par les spécialistes. Dans Ouest France,
Matthieu Revest, spécialiste des maladies infectieuses émergentes au
CHU de Rennes explique : “Dans les pandémies comme celle-ci, il n’y a
jamais qu’une seule vague. (La première vague) passe et puis la maladie
revient : le virus s’est introduit dans la population, il peut circuler
et revenir à certaines périodes”, explique le spécialiste.
Quelle violence pour la deuxième vague ?
Mais
il tient à rassurer : la deuxième vague est moins mortelle que la
première : “En première vague, ce sont les patients les plus fragiles
qui sont touchés. La deuxième, moins importante, est constituée de
patients qui ont échappé à la première parce qu’ils étaient plus solides
mais qui, à force d’être exposés au virus, peuvent tomber malades”. La
Chine, premier pays touché par le Covid-19, serait donc logiquement le
premier à subir ce phénomène de la deuxième vague.
La
deuxième vague pourrait toutefois être importante, d’autant qu’avec la
stratégie de confinement, une grande partie de la population n’a pas été
exposée au virus, et n’a donc pas pu développer de défense immunitaire.
“La population demeure très vulnérable et peut être touchée par une
épidémie importante. Tôt ou tard, une seconde vague est inévitable”,
décrypte Benjamin Cowling, épidémiologiste de l’université de Hong Kong.
Le vaccin, seule solution de fin de crise ?
La
situation décrite par Ma Jin, le directeur de l’École de santé publique
de l’université Jiaotong de Shanghai, est plus alarmiste. “Nous devons
être préparés non seulement pour une deuxième vague, mais pour chaque
jour et chaque mois jusqu’à ce qu’un vaccin soit produit avec succès et
ait prouvé son efficacité”, explique-t-il à The Globe and Mail.
Or,
l’élaboration d’un vaccin et sa mise sur le marché pourrait prendre
plusieurs mois. Si plusieurs pistes sont actuellement étudiées, dont
celle du BCG, qui pourrait aider à lutter contre le coronavirus,
l'Agence européenne du médicament estime qu'un vaccin contre le
coronavirus n'arrivera pas avant au moins un an.
Par Yahoo Actualités

