
5 565 personnes en réanimation en France : c'est 458 de plus en 24h.
Dans les hôpitaux parisiens,
c’est toujours l’inquiétude. Les
médicaments viennent à manquer. Témoignage d’un infirmier en réanimation
dans le nord de Paris, au bord de l’épuisement.
La voix est fatiguée. Entre deux siestes, ce jeune infirmier parisien accepte de raconter son quotidien. Il passe 60 heures par semaine à l'hôpital et s’occupe des cas graves de Covid-19. « On
est épuisés physiquement, parce qu’on vous demande de courir partout.
C’est dur, c’est dur. Je vois des collègues qui craquent aussi. Quand on
intube un patient en urgence et qu’on se demande s’il va se réveiller,
et qu’on en fait cinq d’affilée comme ça, en quelques heures… Nous, en tant que soignants, ça nous touche aussi énormément. »
Dans son unité, il y a en moyenne un à deux décès par jour. Manque de médicaments pour sédater les patients en réanimation, manque de matériel... 20 nouveaux lits ont été ouverts. « On
transfère les services qui à la base, n’étaient pas de réanimation. Ca
manque de place, et généralement ça manque de matériel, surtout dans ces
nouvelles unités qui ne sont pas adaptées. On fait avec les moyens du
bord, ce qu’on a, ce qu’on trouve. Je viens de voir des collègues qui
faisaient tenir les tuyaux du respirateur avec un cintre. On fait comme
on peut. »
Il s’attend à ce que cette situation dure encore longtemps. Ce qui l’aide à tenir le coup, c’est le soutien de son équipe. « Plus
que des collègues, c’est des amis. Je suis toujours rassuré quand je
vais là-bas. Je sais que si c’est la merde, je serai toujours
accompagné, je serai toujours aidé. » Tenir.... mais pour combien de temps encore ? Cela fait déjà trois semaines qu’il est mobilisé.
Par RFI

