Alors que le Royaume-Uni a enregistre mercredi 759 nouveaux
décès à l'hôpital de patients
atteints par le Covid-19, l'opposition
travailliste reproche au gouvernement de Boris Johnson sa "lenteur" dans
la gestion de la pandémie de coronavirus.
Le Royaume-Uni a
enregistré mercredi 22 avril 759 nouveaux décès à l'hôpital de patients
atteints par le Covid-19, portant à 18 100 morts le bilan depuis le
début de l'épidémie, selon le ministère de la Santé.
Au total, 133
495 personnes ont été testées positives dans le pays, l'un des plus
durement touchés en Europe et qui fait face actuellement au "pic" de
l'épidémie, selon le ministre de la Santé, Matt Hancock. Le bilan des
autorités ne prend pas en compte les maisons de retraite où, selon des
représentants du secteur, plusieurs milliers de personnes âgées sont
mortes.
Face à cette situation, au Parlement, le nouveau chef de l'opposition travailliste, Keir Starmer, a reproché mercredi au gouvernement sa "lenteur" dans la gestion de la pandémie.
"Il
y a un décalage entre les promesses et leur mise en œuvre", a-t-il
critiqué. "Nous voyons une tendance se dessiner : nous avons été lents à
ordonner le confinement, lents sur le dépistage et maintenant nous
sommes lents à accepter les propositions des entreprises britanniques"
pour fabriquer du matériel médical.
"Le courage de contredire le gouvernement"
Ce centriste europhile de 57 ans, élu le 4 avril à la tête du Labour,
a mené sa première séance hebdomadaire de questions au gouvernement
dans une atmosphère inhabituelle. La Chambre des communes, rentrée mardi
de sa pause de Pâques dans une configuration adaptée à la pandémie,
était dépeuplée, avec des députés en vidéoconférence.
Le leader travailliste a croisé le fer avec le ministre des Affaires étrangères Dominic Raab, au lieu du Premier ministre Boris Johnson,
convalescent de la maladie Covid-19 après son hospitalisation. Keir
Starmer a expliqué vouloir en ces temps de crise sans précédent vouloir
mener une "opposition constructive" et souhaiter la "victoire du
gouvernement face au coronavirus". "Mais nous devons aussi avoir le
courage de contredire le gouvernement là où nous pensons qu'il a tort",
a-t-il prévenu.
Des "problèmes de communication"
Ses
critiques se joignent à celles, de plus en plus nombreuses, visant la
gestion de la pandémie. Le pouvoir se voit notamment reprocher les
retards pris dans le dépistage et le manque d'équipements de protection
pour les soignants, en première ligne contre la maladie.
Après
plusieurs jours d'imbroglio, un avion de la Royal Air Force a rapporté
mercredi matin de Turquie une cargaison de 84 tonnes d'équipement
médical, dont 400 000 blouses chirurgicales qui manquent cruellement aux
hôpitaux. Les autorités sont également critiquées pour avoir tardé à
rejoindre un programme européen destiné à s'approvisionner en matériel
médical.
Le gouvernement a invoqué des "problèmes de
communication" mais, créant la confusion, un haut fonctionnaire a évoqué
devant des députés une "décision politique" après le Brexit, avant de
retirer ses propos.
Le confinement, instauré le 23 mars a été
prolongé le 16 avril d'au moins trois semaines. Malgré la pression
montante, le gouvernement n'envisage pour l'heure aucun assouplissement,
contrairement à d'autres pays européens.
Par France 24 Avec AFP

