
Le manque à
gagner des compagnies se monte déjà à plus de 250 milliards de dollars.
La question de
la survie de certaines d’entre elles à trois ou six mois
est désormais posée.
Dans quel état la filière aéronautique
sortira-t-elle de la crise ? Combien de temps les compagnies aériennes,
les aéroports, les constructeurs d’avions et les équipementiers
mettront-ils à s’en remettre ? C’est l’objet de l’étude présentée, jeudi
9 avril, par le cabinet de conseil Archery Strategy Consulting (ASC).
Selon celle-ci, les perspectives à court et moyen termes ne sont guère
encourageantes.
Les
compagnies aériennes sont à l’arrêt ou presque. Ainsi, 90 % de la flotte
d’Air France-KLM est immobilisée au sol, tout comme celle de sa rivale
Lufthansa. Cela a un impact économique énorme. Jeudi, Carsten Spohr, PDG
du groupe allemand, a confié « perdre un million d’euros par heure ».
Au niveau interne, d’aucuns confient que les pertes d’Air France
seraient du même ordre. Toutes les compagnies sont logées à la même
enseigne.
A en croire
l’Association internationale du transport aérien (IATA), leur manque à
gagner s’élèverait déjà à plus de 250 milliards de dollars
(230 milliards d’euros), soit 30 % de leur chiffre d’affaires global
annuel. La question de leur survie est posée. Au point qu’Alexandre de
Juniac, patron de l’IATA, sonne l’alarme : « Si on continue comme ça, la moitié des compagnies aériennes auront disparu en juin. »
D’après
les tableaux établis par ASC en fonction de la trésorerie des
compagnies aériennes, Air France n’est pas la plus mal placée. Elle a
six mois de survie devant elle avant la faillite. Mieux que Lufthansa et
l’américaine Delta Airlines, dont la visibilité est réduite à trois
mois. Après avoir presque totalement disparu des écrans radars depuis le
début de la crise sanitaire liée au nouveau coronavirus, Ben Smith,
directeur général d’Air France-KLM, serait, selon nos informations, « à la manœuvre »
pour obtenir une forte recapitalisation de la compagnie
franco-néerlandaise. Bien au-delà des 6 milliards d’euros évoqués ces
derniers jours comme « soutien massif de l’Etat ».

