
Le ministre turc de l'Intérieur, Süleyman Soylu, a
présenté sa démission dimanche soir. Le ministre
avait annoncé vendredi à
la dernière minute le confinement des habitants de 31 grandes villes
pendant 48 heures pour freiner l'épidémie du Covid-19, poussant des
foules de Turcs paniqués dans les commerces pour faire des provisions.
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De notre correspondante à Istanbul,
Süleyman
Soylu a annoncé sa démission sur Twitter, dans un court message
entièrement consacré à la raison de son départ : le fiasco de vendredi
soir, quand plus de 63 millions de Turcs avaient appris au dernier
moment qu’ils resteraient confinés chez eux durant tout le week-end.
Selon les chiffres officiels, quelque 300 000 d’entre eux s’étaient rués en même temps vers les commerces encore ouverts, au risque de s’exposer au coronavirus ou de le transmettre à d’autres.
Le ministre sortant assure porter « l’entière responsabilité » de cette décision et de ses conséquences. Il demande « le pardon » non seulement de la nation, mais aussi de Recep Tayyip Erdogan, auquel il jure fidélité « jusqu’à la fin de (sa) vie ».
Le président turc espère sans doute, avec cette démission qui ressemble
plutôt à une éviction, mettre fin à la polémique créée par ces scènes
de chaos.
Le départ de Süleyman Soylu est un séisme politique à
l’échelle de la Turquie. Le ministre de l’Intérieur était une figure
emblématique et très médiatique du gouvernement dirigé par Recep Tayyip
Erdogan. Il était arrivé à ce poste juste après la tentative de putsch
de l’été 2016 et incarnait, aux yeux des opposants et défenseurs de
droits de l’homme, le virage répressif des dernières années.
Par RFI

