En Caroline du Nord ce jeudi 27 août, un
détenu a été libéré après 44 ans de prison. Il avait été
condamné pour
un viol qu'il n'a pas commis.
Le cauchemar de Ronnie Long a commencé en avril 1976 alors qu'il
était âgé d'une vingtaine d'années. A cette époque, les officiers de la
banlieue de Charlotte étaient à la recherche d'un jeune afro-américain
qui avait menacé, frappé et violé Sarah Bost, une quinquagénaire du
quartier. Quelques jours plus tard, la victime avait croisé Ronnie Long
dans un tribunal et l'avait désigné comme son agresseur. «Elle n'avait
aucun doute concernant le fait que Ronnie Long était la personne qui
avait fait irruption chez elle», peut-on lire dans les documents liés à
l'affaire.
Les preuves déterrées 30 ans après
Malgré l'absence d'éléments prouvant la présence du jeune homme sur les lieux du crime et le fait qu'il clamait son innocence, Ronnie Long a été condamné à 80 ans de prison.
Dès le début de son séjour derrière les barreaux, il n'a cessé de
demander régulièrement le réexamen de son cas. C'est seulement en 2005,
près de trente ans après son procès, que des enquêteurs se sont penchés
sur les archives de l'affaire, découvrant que les traces ADN et les
fibres retrouvées sur la scène de crime ne correspondaient pas à Ronnie
Long.
«N'abandonnez jamais»
Au début de la semaine, la justice
américaine a concédé que ses droits constitutionnels avaient été
bafoués en 1976. L'ex-détenu, désormais âgé de 64 ans, a quitté sa
prison vêtu d'un costume trois pièces, acclamé par sa famille et ceux
qui l'ont accompagné dans son combat. «Ma force, elle me vient d'eux et
[leur présence] m'a fait beaucoup de bien parce que je me sentais aimé
et soutenu» a-t-il déclaré à sa sortie.
Il a notamment été accueilli par sa femme, qu'il a rencontré il y a
quelques années en prison tandis qu'elle était étudiante en droits à
l'université de Caroline du Nord. Seule la mère de Ronnie Long, décédée
le mois dernier, n'a pas pu assister à cet événement : «Je voulais
qu'elle soit présente. Peut-être qu'elle me regarde de là-haut. Elle
pourra dire à mon père et à mes soeurs que j'y suis arrivé», a-t-il
déclaré.
Avant de rejoindre sa famille, il a souhaité partager un dernier message : «N'abandonnez jamais», s'est-il exclamé.
Par
CNEWS

