
Kenya
Airways prévoit un plan de compression de 40% de ses effectifs alors
que la crise de Covid-19 a
drastiquement effrité sa trésorerie. Le
transporteur, en cours de nationalisation, projette une perte de près de
500 millions $ en 2020, soit sa 8e année consécutive dans le rouge.
La
crise sanitaire de Covid-19 aura peut-être raison d’une grande partie
du personnel de Kenya Airways (KQ). Selon la presse locale, la compagnie
parapublique, en cours de nationalisation, envisage de licencier
environ 1 500 employés, soit 40% de ses 3 734 salariés. Dans une lettre
adressée à la Kenya Airline Pilots Association (KALPA) le 7 août 2020,
le PDG par intérim de KQ, Allan Kilavuka, a déclaré que le processus de
licenciement commencera immédiatement.
D’après The Star,
cette mesure touchera 33% de la main-d'œuvre affectée aux opérations en
vol, 24,9% du personnel au sol, 13,8% de l’équipe technique, 12,5% du
service commercial, 4,3% des travailleurs du département fret et 11,3%
des autres départements. Le personnel représente près de 11% des coûts
d’exploitation de la société.
A
en croire des sources internes, ce plan de licenciement, prévu pour
être conclu d’ici le 30 septembre, permettra au transporteur
d’économiser environ 600 millions de shillings par mois (5,5 millions de
dollars), soit la moitié de sa masse salariale estimée à 1,2 milliard
de shillings.
Même
si la KALPA ne confirme pas ces informations, elle avait tout de même
anticipé la décision. Dans une lettre adressée au président Uhuru
Kenyatta le 30 juillet dernier, elle regrettait que l’entreprise ne
profite pas des marchés laissés par Air Mauritius et South African
Airways.
Enfoncée
dans sa mauvaise gestion, KQ cumule huit années successives de pertes
financières. En raison de la pandémie, elle table sur une perte annuelle
pouvant atteindre 500 millions de dollars pour l'année courante. Après
la relance des vols domestiques, la compagnie vient de renouer avec son
réseau international, mais cette fois-ci amputé de huit lignes
africaines. Selon son PDG, elle continuera « d'exploiter un réseau réduit, car il faudra un certain temps avant que l'industrie ne rebondisse ».
Romuald Ngueyap
Par Agence Ecofin

