Le Bénin n’en finit plus de récolter les fruits de la politique
économique menée depuis 2016 et
l’élection à la présidence de la
République de Patrice Talon.
En juillet dernier, la Banque Mondiale a
fait passer le pays situé dans le Golfe de Guinée de la catégorie des «
pays à revenus faibles » à celle des « pays à revenus intermédiaire »,
rejoignant ainsi ses voisins ivoiriens, sénégalais ou encore, plus au
nord, marocains. « Notre pays trace désormais les sillons de son
parcours vers le développement », a commenté en août le chef de l’État,
saluant cette performance historique à l’occasion du 60e anniversaire de l’indépendance du Bénin.

Notre pays trace désormais les sillons de son parcours vers le développement.
Au début de
l’année déjà, le pays était sorti du classement des 25 pays les plus
pauvres du monde établi par le Fonds Monétaire International (FMI),
alors qu’il y occupait la 20e
place en 2015. Depuis cinq ans, le Bénin affiche une croissance forte
de son PIB, une inflation faible, des investissements soutenus et un
déficit budgétaire maîtrisé. De quoi être classé par la Banque africaine
de développement, au début de l’année, parmi les quatre économies
d’Afrique et les dix économies du monde les plus dynamiques ! Ces
résultats ont notamment été rendus possible grâce à la mise en œuvre du
Programme d’action du gouvernement (PAG 2016-2021) « Bénin révélé ».
Reste à maintenir, voire à intensifier les efforts, afin de rendre ces
progrès pérennes.
Des fondamentaux macroéconomiques solides
Le passage du Bénin dans la catégorie des « pays à revenu intermédiaire »,
passant de 870 à 1 250 dollars de revenu national brut par habitant,
traduit en partie la révision des comptes nationaux finalisés en juin
2019, laquelle a permis d’affiner l’estimation de la richesse nationale.
Mais cet accroissement du RNB est surtout porté par l’ensemble des
réformes entreprises depuis 2016, avec pour conséquence, selon le
ministère béninois des Finances, « une accélération continue du rythme de création de la richesse nationale ». C’est en tout cas ce que traduisent les indicateurs macroéconomiques majeurs du pays.
Une croissance du PIB qui a plus que doublé en 4 ans
Le taux de croissance, tiré par l’activité agricole,
l’activité portuaire, le BTP ou encore les services, est passé de 1,7 %
en 2015 à 6,9 % en 2019. De son côté, l’inflation reste basse. Elle
s’est établie à -0,9 % en 2019, reflétant la bonne production agricole
et la baisse des prix des services de l’eau. Les recettes fiscales
rentrent mieux et le déficit budgétaire est contenu loin du plafond des 3
% du PIB fixés par l’Union économique et monétaire ouest-africaine
(UEMOA), atteignant même 0,5 % en 2019, bien mieux que les prévisions.
Évolution du PIB du Bénin

Satisfecit du FMI, partenaire stratégique du Bénin
Les équipes du Fonds monétaire international (FMI) qui se
succèdent à Porto-Novo et à Cotonou depuis 2017, dans le cadre du
programme triennal appuyé par un accord au titre de la Facilité élargie
de crédit (FEC), ne sont pas avares de compliments vis-à-vis de la
gouvernance béninoise. Presque à chacune de leurs revues de l’économie
nationale, elles soulignent « les résultats satisfaisants » enregistrés
par le pays. « Tous les critères de réalisation quantitatifs à fin
décembre 2019 et tous les repères structurels sous revue ont été
observés », soulignaient ses administrateurs en avril dernier, lors de la sixième et dernière revue de ce programme.
Preuve de sa confiance, l’institution internationale,
suite à cette dernière revue, a décaissé en mai dernier 125,1 millions
de dollars.

Une somme qui doit permettre aux autorités, face à la pandémie de
COVID-19, d’accroître les dépenses de santé et de venir en aide aux
ménages vulnérables, ainsi qu’aux entreprises.
Premier de l’UEMOA à l’Indice de développement humain
Des efforts doivent encore être faits pour rendre la
croissance plus inclusive. Mais même sur cet aspect, les résultats sont
déjà là. Le Bénin est ainsi le premier pays de la zone UEMOA et le
quatrième d’Afrique de l’Ouest au classement de l’Indice de
développement humain (IDH). De la même façon, il a réalisé la plus forte
progression dans le World Happiness Report, qui évalue le niveau de
bonheur dans 153 pays. Il est passé de la 102e place dans le rapport évaluant la période 2008-2012 à la 86e dans l’édition 2020, qui prend en compte les années 2017-2019.
Les administrateurs du FMI soulignent « les résultats satisfaisants » enregistrés par le pays.

Des réformes pour faire du privé le moteur de l’économie
Le Bénin est
l’État membre de l’UEMOA qui consacre en moyenne la plus grande partie
de son PIB à l’investissement, afin de pallier son retard en matière
d’infrastructures de base. Mais à moyen terme, ses perspectives de
croissance sont tributaires de sa capacité à relancer l’investissement
privé et à attirer les investissements directs étrangers (IDE). C’est
d’autant plus le cas que le PAG doit être majoritairement financé par le
secteur privé. Dans cette perspective, les autorités continuent de
mettre en œuvre de nombreuses réformes afin d’améliorer l’environnement
des affaires.

Libéralisation du secteur cotonnier,
assouplissement du droit du travail, meilleure protection du droit de
propriété, renforcement et numérisation des administrations fiscale et
douanière… le pays est sur tous les fronts. La bonne gestion de la dette
publique a même valu le prix Global Markets 2019 au ministre de
l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni.
Le Bénin a amélioré en 2019 la fiabilité et la transparence de son administration foncière, selon Doing Business.
Des points gagnés à Doing Business
Ces efforts commencent à porter leurs fruits au classement
Doing Business de la Banque Mondiale. Le Bénin y a amélioré son rang de
quatre places en 2020, passant du 153e au 149e
rang sur 190 économies évaluées. Avec 52,4 points sur 100, le pays se
situe au-dessus de la moyenne africaine (51,8). Il a notamment amélioré
en 2019 la fiabilité et la transparence de l’administration foncière,
ainsi que la célérité dans les procédures en matière de transfert de
propriété. La mise en ligne du cadastre ainsi que la mise en place d’un
processus de gestion des litiges ont également contribué à la
performance du pays.
Depuis quatre ans, les autorités ont
aussi amélioré l’accès aux informations sur le crédit en lançant un
nouveau bureau de crédit, facilité l’exécution des contrats en adoptant
une loi qui réglemente tous les aspects de la médiation et accroît la
transparence du traitement des permis de construire. Déjà, avec la
révision du dispositif des partenariats public-privé (PPP), la part de
l’investissement privé a augmenté de 40 % entre 2016 et 2019. Les flux
entrants d’IDE sont passés quant à eux de 132 millions de dollars en
2016 à 208 millions de dollars en 2018, selon les données de la CNUCED.
2 heures pour créer une entreprise
Depuis octobre 2018, les entrepreneurs
mettent en moyenne 2 heures pour créer leur entreprise, selon les
données du Guichet unique de formalisation des entreprises (GUFE). Ce
délai, déjà compétitif, oscillait entre 7 et 15 heures les deux années
précédentes. Quant au nombre de sociétés créées, il a suivi la même
tendance pour gagner près de 10 000 unités entre 2016 et 2019 !
Évolution du nombre d’entreprises créées entre 2016 et 2019

Les secteurs stratégiques du Bénin rendus performants
Pour réaliser ces performances
économiques, le Bénin a su stimuler ses moteurs agricoles et
commerciaux, avec le Port de Cotonou, mais aussi améliorer l’accès à
l’électricité afin de soutenir la bonne santé, ces dernières années, du
BTP et de l’industrie manufacturière.
Port de Cotonou (PAC) : mieux géré, plus rentable
Depuis 2018, la gestion du PAC, qui
contribue à plus de 60 % au PIB du Bénin, a été confiée à la société
belge Port of Antwerp International (PAI), afin d’en améliorer la
gestion, les prestations et la rentabilité.
Un passage du management au privé qui a
donné lieu à une phase de réajustement faite d’audits, de formation du
personnel, de poursuite de la dématérialisation des procédures ou encore
d’informatisation des services. Pour égaler voire dépasser ses voisins
en termes de compétitivité, le PAC fait actuellement l’objet d’un plan
d’investissement de 350 milliards de F CFA (457 millions d’euros). Il a
fait preuve de résilience face à la fermeture des frontières du Nigeria,
un partenaire important, en 2019, avec un tonnage de 10,09 millions,
soit une baisse de 2,5 % comparativement à l’année 2018. Une chute des
volumes s’est fait ressentir dans plusieurs segments, mais l’export a
conclu l’année en hausse, grâce aux pays de l’hinterland, parmi lesquels
le Niger, qui continuent de faire de Cotonou leur « port naturel ».

Coton : le Bénin premier d’Afrique de l’Ouest
L’une des premières actions engagées en 2016 par le
nouvel exécutif, afin de relancer une filière cotonnière en berne, a été
de rétablir dans ses fonctions l’Association interprofessionnelle du
coton (AIC) – instance réunissant producteurs, égreneurs et
distributeurs d’intrants – qui avait été supprimée en 2012 au profit du
ministère de l’Agriculture. Le
secteur privé est parvenu à mettre à la disposition des producteurs,
dans les temps et en quantité, des intrants et des semences de qualité.
Résultat : le pays est devenu le premier producteur ouest-africain de
coton-graine, avec une récolte record de 678 000 tonnes à l’issue de la
campagne 2018-2019, en hausse de plus de 123 %
par rapport à 2015-2016. Une tendance confirmée par la campagne
2019-2020, avec une production d’au moins 714 714 tonnes de coton
enregistrée. À la clé, de meilleurs rendements et plus de revenus pour
les producteurs et pour l’État. Pour assurer le transport du coton,
ainsi que des autres productions agricoles, plus de 120 km de routes ont
été aménagées et bitumées et 13 000 km de pistes rurales réhabilitées
depuis 2016.
Le Bénin est l’une des dix économies les plus dynamiques du monde.

Électricité : une nouvelle centrale pour devenir autosuffisant
Partant de zéro, le gouvernement a
consenti de nombreux efforts pour permettre au Bénin de produire
aujourd’hui plus de la moitié de sa consommation. Parmi les
infrastructures les plus stratégiques, a été inaugurée en août 2019 la
centrale à gaz de Maria Gléta II, avec une capacité de 127 MW. La
centrale de Maria Gléta I, d’une capacité de 80 MW et construite par le
précédent exécutif, fait l’objet de défaillances et doit être rénovée. Ce
qui n’empêche pas le gouvernement d’envisager le renforcement de ce
site avec la construction d’une nouvelle centrale à gaz de 120 MW, selon
le modèle BOOT (build, own, operate, transfer – construction,
exploitation, transfert). De quoi permettre au Bénin de devenir autonome
en production électrique.
Par Jeune Afrique

