Avec notre correspondant à Beyrouth, Noé Pignède
Pour pénétrer dans ce service dédié aux patients gravement atteints par le coronavirus la combinaison est obligatoire. Au milieu des machines, les malades sont plongés dans un coma artificiel. L’unité de soin intensif est pleine depuis plusieurs jours .
Sylvana Leihel est l’infirmière en charge du service. « Ici, nous avons 10 malades. Neuf parmi eux sont intubés. Ce sont des patients lourds, graves, pas stables du tout. »
Le seul malade encore conscient interpelle l’infirmière. Un cri de détresse étouffé par son masque à oxygène. « Il veut aller à la maison, il ne veut pas rester ici. » En face de lui, une femme de 34 ans vient d’être placée sous respirateur par le docteur Saïd Asmar.
« Malheureusement, elle est jeune, indique le médecin. Elle était enceinte. Nous avons pu mettre son enfant au monde, mais ensuite son état s’est dégradé. Hier, nous avons dû la mettre sous oxygène. Nous avons une augmentation des patients dans un état critique. Nous travaillons 24h/24 depuis février, et la situation empire. Pour l’instant, elle est encore sous contrôle, mais je ne sais pas pour combien de temps. Maintenant, nous avons des patients qui se présentent aux urgences dans un état critique et qu’on laisse aux urgences faute de place en attendant de pouvoir les transférer ici. »
Car le service est saturé, l’hôpital dispose de 29 lits de soins intensifs pour 34 patients actuellement. Une situation fragile qui devrait s’aggraver alors que les médecins attendent une augmentation du nombre de cas avec l’arrivée de l’hiver.
La semaine dernière, le pays battait le triste record de 1 500 nouveaux cas par jour.
Par RFI

