Ce sont les deux vaccins qui devraient rapidement être utilisés dans
les pays de l'Union européenne,
s'ils obtiennent la validation des
autorités sanitaires. Celui de Pfizer/BioNTech et de Moderna. Ces deux
vaccins utilisent la technologie de l'ARN messager qui consiste à
injecter dans nos cellules des brins d'instructions génétiques appelées
ARN messager, pour leur faire fabriquer des protéines ou "antigènes"
spécifiques du coronavirus. Ces protéines vont être livrées au système
immunitaire, qui va alors produire des anticorps. D'ores et déjà, le
Royaume-Uni a lancé mardi sa campagne de vaccination, en s'appuyant sur
le vaccin Pfizer/BioNTech, qui a été autorisé par l'agence sanitaire
britannique.
Jusqu'au Covid-19, aucun vaccin à ARN messager
n'avait été approuvé pour l'homme. Mais comme le rappelle sur Twitter le
médecin Gilbert Deray : "La première publication expérimentale sur un
vaccin ARN date de l’an 2000 et le premier essai chez l’homme de 2008."
Une réponse au professeur Eric Caumes, chef du service des maladies
infectieuses et tropicales à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, qui a
dit mardi matin sur France Inter qu'on "manque de recul" sur les vaccins
à ARN messager et a regretté l'absence de "publications
scientifiques". "Les dossiers sont aux agences américaines et
européennes du médicament, on n’y a pas accès. Malheureusement, je peux
uniquement vous dire que je manque de recul parce que je n’ai pas les
informations", a-t-il dit
Les effets indésirables graves
A
ce stade, les effets indésirables graves, c'est-à-dire requérant par
exemple une hospitalisation, ont été très rares dans l'ensemble de
l'essai clinique de Pfizer/BioNTech (moins de 0,5%) et il y en a eu
autant dans le groupe placebo que dans le groupe de personnes vaccinées,
suggérant que le vaccin n'était pas en cause. Les données "suggèrent un
profil de sécurité favorable, sans identification de problème de
sécurité spécifique qui empêcherait" l'autorisation en urgence, écrivent
les experts de la FDA.
Pour rappel, les chiffres portent sur
38.000 participants à l'essai clinique du vaccin avec un suivi médian de
deux mois. Il est toutefois possible que des effets indésirables rares
apparaissent dans les prochains mois, qui ne concerneraient qu'une
infime partie de la population vaccinée. C'est déjà arrivé dans le
passé. Par exemple, 650 cas de narcolepsie (sur 19 millions de
personnes) ont été rapportés en Europe chez
les personnes ayant eu le vaccin H1N1. Une étude conduite aux
Etats-Unis sur deux périodes de grippe saisonnière a mis en évidence un
risque très faible d’environ un cas pour 1 million de vaccinés d'avoir
le syndrome de Guillain-Barré. L'Agence française de sécurité sanitaire
des produits de santé relève toutefois que "le rapprochement entre
l’ensemble de ces données suggère que le risque avéré de syndrome de
Guillain-Barré découlant de la grippe est très supérieur au risque
incertain de survenue d’un tel syndrome du fait de la vaccination."
Pour
repérer d'éventuels effets secondaires rares, les participants à
l'étude de Pfizer/BioNTech seront donc suivis dans prochains mois. Les
différentes agences sanitaires ont également prévu de réaliser un
accompagnement des personnes ayant eu le vaccin. A ce stade, la balance
bénéfice-risque est toutefois très largement en faveur des vaccins.