Son nom, Sputnik V, fleure bon la guerre
froide. Venant du Kremlin, la référence au premier satellite lancé dans
l'espace est tout sauf innocente. Avec son vaccin contre le Covid, le
premier au monde à avoir été utilisé, la Russie veut montrer à la
planète qu'elle est redevenue la grande puissance qu'elle était. C'est
en août que ce sérum, élaboré par l'institut de recherche Gamaleya de
Moscou, est apparu au grand jour
même si de riches oligarques et quelques officiels avaient reçu une
première injection dès avril. Avant même les tests de phase III -
habituellement indispensables avant une mise sur le marché - et toute
publication scientifique digne de ce nom, Vladimir Poutine autorise son
administration à la population générale.
A l'époque, en France comme dans la plupart des pays européens, cette précipitation laisse dubitatif, inquiète même la communauté scientifique. Mais six mois plus tard, le Sputnik V, efficace à plus de 91% selon Moscou et qui a l'avantage de se conserver à des températures entre 2 °C et 8 °C, fait l'objet de moins de railleries.
Une précommande de 1,2 milliard de doses
Face à l'apparition de variants et aux difficultés d'approvisionnement en produits Pfizer BioNtech, Astra Zeneca ou Moderna, il apparaît même comme un recours. Il y a dix jours, Angela Merkel a ainsi fait un appel du pied à Vladimir Poutine, évoquant "une production conjointe" et une "utilisation" du vaccin outre-Rhin s'il était validé par l'Agence européenne du médicament. Les autorit...

