Gianni Infantino est le neuvième président de la
Fédération internationale de football (Fifa). Le Suisse, âgé de 45 ans, a
été élu au 2e tour à la tête d’une Fifa en crise, ce 26 février 2016 à
Zurich, pour un mandat censé
s’achever en 2019. L’ancien bras droit de Michel Platini à la confédération européenne de foot (Uefa) succède donc au Suisse Joseph Blatter, démissionnaire puis suspendu en 2015.
s’achever en 2019. L’ancien bras droit de Michel Platini à la confédération européenne de foot (Uefa) succède donc au Suisse Joseph Blatter, démissionnaire puis suspendu en 2015.
Le neuvième président de la Fédération internationale de football (Fifa) est donc Gianni Infantino et c’est une mini-surprise [1].
Mini, car qui aurait pu imaginer que le discret chef de
l’administration (Secrétaire général) de la confédération européenne de
football (Uefa) serait un jour à la tête de la toute-puissante et
richissime Fifa (1,5 milliard de dollars de réserves au 31 décembre 2014) ?
Il y a encore cinq mois, Gianni Infantino apparaissait aux yeux du
grand public comme le simple maître de cérémonie des tirages au sort de
compétitions organisées par l’Uefa. Mais le destin de ce Suisse âgé de
45 ans a basculé avec les ennuis de son désormais ex-patron, Michel
Platini.
Platini suspendu, Infantino promu
De fait, le Français, président de l’Uefa de 2007 à 2015, était le grandissime favori de l’élection pour la présidence de la Fifa. Mais l’ancien joueur a été mis sur la touche par la justice interne de la Fifa le 8 octobre 2015, pour une affaire d’argent, avant d’être suspendu pour plusieurs années de toute activité liée au football le 21 décembre 2015 (sanction ramenée à six années en appel, le 24 février 2016).
De fait, le Français, président de l’Uefa de 2007 à 2015, était le grandissime favori de l’élection pour la présidence de la Fifa. Mais l’ancien joueur a été mis sur la touche par la justice interne de la Fifa le 8 octobre 2015, pour une affaire d’argent, avant d’être suspendu pour plusieurs années de toute activité liée au football le 21 décembre 2015 (sanction ramenée à six années en appel, le 24 février 2016).
L’Uefa, soucieuse de préserver ses intérêts et sa prédominance sur le
football mondial, a donc décidé de présenter un candidat de
substitution : Infantino, technocrate affable, habile et polyglotte. Un
homme consensuel, avec un tropisme africain, capable donc d’arracher
quelques précieuses voix au sein du principal réservoir de votes : la
Confédération africaine (CAF), alliée au grand rival d’Infantino, le Cheick Salman bin Ibrahim Al Khalifa, président de la Confédération asiatique (AFC).
Ne pas être « européocentré »
« Je me sens comme le candidat de l’Afrique », assurait ainsi Gianni Infantino à rfi.fr à Kigali, en janvier dernier. Sa proposition de disputer des phases finales de Coupe du monde avec davantage d’équipes (40 contre 32 actuellement), dont plus de places pour les pays des autres continents, a peut-être fait mouche.
« Je me sens comme le candidat de l’Afrique », assurait ainsi Gianni Infantino à rfi.fr à Kigali, en janvier dernier. Sa proposition de disputer des phases finales de Coupe du monde avec davantage d’équipes (40 contre 32 actuellement), dont plus de places pour les pays des autres continents, a peut-être fait mouche.
Gianni Infantino partait pourtant de loin. Il avait un autre handicap
aux yeux de certains : son appartenance à l’Uefa. Le Secrétaire général
a en effet dû voyager dans près de 70 pays en l’espace de quatre mois,
avec un objectif : convaincre en Afrique, en Amériques, en Asie et en
Océanie, qu’il défend une vision universaliste du football et pas
« européocentrée ». Un reproche souvent fait à Michel Platini.
Le lourd héritage de Joseph Blatter
Gianni Infantino a donc en quelque sorte imité son prédécesseur et compatriote, Joseph Blatter, en fédérant les fédérations moins fortunées.
Gianni Infantino a donc en quelque sorte imité son prédécesseur et compatriote, Joseph Blatter, en fédérant les fédérations moins fortunées.
Ancien juriste et universitaire passé par le Centre international
d'études du sport, celui qui est entré à l’Uefa en 2000 va devoir
redorer l’image d’une Fifa écornée par neuf mois de scandales planétaires. La Fédération internationale a adopté une série de réformes
visant à juguler la corruption dans le monde du football. Gianni
Infantino a fait partie de la Commission qui a mis sur pied ces
réformes.
Parmi ces mesures, il y a la limitation à trois mandats de quatre ans
pour le président de la Fifa. Joseph Blatter, lui, est resté en place
17 ans, jusqu’à sa déchéance et à celle de son ancien allié, devenu
rival : Michel Platini.
[1] Infantino a été élu au 2e tour avec 115 voix, devant le
Cheikh Salman (88 voix), le Jordanien Ali (4) et le Français Jérôme
Champagne (0). Le Sud-Africain Tokyo Sexwale s’était retiré juste avant
le scrutin. Au 1er tour, Infantino avait légèrement devancé Salman avec
88 voix contre 85.
FIFA : LES PRECEDENTS PRESIDENTS*
Robert Guérin (France), de 1904 à 1906
Daniel Burley Woolfall (Angleterre), de 1906 à 1918
Jules Rimet (France), de 1921 à 1954
Rodolphe William Seeldrayers (Belgique), de 1954 à 1955
Arthur Drewry (Angleterre), de 1955 à 1961
Stanley Rous (Angleterre), de 1961 à 1974
Joao Havelange (Brésil), de 1974 à 1998
Joseph Blatter (Suisse), de 1998 à 2015.
Robert Guérin (France), de 1904 à 1906
Daniel Burley Woolfall (Angleterre), de 1906 à 1918
Jules Rimet (France), de 1921 à 1954
Rodolphe William Seeldrayers (Belgique), de 1954 à 1955
Arthur Drewry (Angleterre), de 1955 à 1961
Stanley Rous (Angleterre), de 1961 à 1974
Joao Havelange (Brésil), de 1974 à 1998
Joseph Blatter (Suisse), de 1998 à 2015.
*Le Néerlandais Carl Anton Hirschman (1918-1920), le Suisse Ernst
Thommen (1961) et le Camerounais Issa Hayatou (2015-2016) ont été
présidents par intérim.
REUTERS/Arnd Wiegmann
RFI.FR

