L’Afrique va peser lourd lors de l’élection du président de la FIFA

Le siège de la FIFA à Zurich, en Suisse.
Vendredi 26 février, à Zurich (Suisse), le congrès de la Fédération internationale de football (FIFA) élira le successeur de Joseph Blatter. Le Suisse était à la tête de la FIFA depuis 1998 mais a été suspendu, lundi 21
décembre 2015, pour une durée de huit ans par la commission d’éthique de la Fédération internationale. Une suspension réduite à six ans en appel, mercredi 24 février, par la commission des recours de l’instance. Cinq candidats sont en lice :
­Le cheikh Salman, 50 ans, est présenté comme le favori. Membre de la famille royale du Bahreïn et président de la Confédération asiatique de football (AFC) depuis 2013, le cheikh Salman ben Ibrahim Al-­Khalifa connaît l’organisation internationale sur le bout des doigts, puisqu’il en occupe l’un des postes de vice-­présidents.
­Vient ensuite l’ancien bras droit de Michel Platini, le Suisse Gianni Infantino, 45 ans, numéro 2 de la Confédération européenne de football (UEFA), candidat soutenu par l’Europe, la Confédération sud­-américaine de football (COnmebol) et sept pays au sein de la Confédération d’Amérique du Nord, centrale et des Caraïbes (Concacaf).
­Le prince Ali ben Al-­Hussein, 40 ans, joue, lui, le rôle du challenger. Vice-­président de la FIFA depuis 2011, le Jordanien a atteint le deuxième tour de la précédente élection du 29 mai 2015, avant d’abandonner face à Sepp Blatter.
­Le candidat français Jérôme Champagne, 57 ans, a peu de chances d’être élu. Cet ancien diplomate, proche de Sepp Blatter, a passé onze ans à la FIFA, où il a été longtemps chargé des relations internationales. Il connaît donc parfaitement les 209 fédérations qui la composent, mais souffre toutefois d’un déficit de notoriété.
­Arrive enfin Tokyo Sexwale, 62 ans, homme d’affaires charismatique qui a combattu au côté de Nelson Mandela contre l’apartheid, avec qui il a partagé sa cellule sur Robben Island. Le Sud-Africain ne bénéficie pourtant pas du soutien de la Confédération africaine de football (CAF).

Le continent africain fait figure de poids lourd

Pour le seul candidat africain en lice, la décision de la CAF compromet fortement ses chances face aux autres concurrents. En effet, le continent africain fait figure de poids lourd dans ces élections : la CAF compte 54 fédérations nationales, et dispose donc du plus gros réservoir de voix au congrès de la FIFA, devant l’UEFA (53, Gibraltar n’étant pas reconnu par la FIFA) et l’Asie (46). Alors, lorsque, lors de son comité exécutif de Kigali (Rwanda) du 5 février, la Confédération africaine annonce apporter son soutien au cheikh Salman, on se dit que le Bahreïnien s’avance avec un sérieux atout, et justifie son rôle annoncé de favori. Il faut dire que le cheikh avait mis toutes les chances de son côté en faisant campagne une centaine de jours en Afrique. Et sa tournée africaine s’est avérée fructueuse, puisque, vendredi 15 janvier, le patron de l’AFC avait déjà signé un protocole d’entente et d’échange avec la CAF, dirigée par le Camerounais Issa Hayatou (69 ans), actuellement président intérimaire de la FIFA...
Pourtant, Gianni Infantino, qui a lui aussi réalisé une tournée pour convaincre les fédérations africaines de se rallier à sa cause, a semé le doute à son retour d’Afrique du Sud. « Je pense que j’aurai du succès en Afrique [lors de l’élection de vendredi]. J’ai visité beaucoup de pays et rencontré des gens influents. Je pense obtenir plus de la moitié des votes car j’ai quelque chose de concret à offrir au continent », a assuré le candidat européen.
Romain Daveau
Source: www.lemonde.fr