Dans une interview fleuve sur sa politique étrangère au cours de ses
deux mandats, le président américain revient sur les ratés des
interventions militaires américaine. Et se défausse sur la France de
Nicolas Sarkozy à
propos de la Libye.
Dans une série d'entretiens fleuve avec le magazine The Atlantic, le président américain Barack Obama
revient sur le bilan de la politique étrangère américaine. Parmi les
sujets abordés avec le journaliste Jeffrey Goldberg, il revient sur la Libye,
et notamment l'intervention menée avec la France et le Royaume-Uni en
2011. Le président américain emploie le terme de "désordre" avec le
journaliste, mais en privé, il parle de "merdier" (shit show), assure
Jeffrey Goldberg. Un bourbier qu'il attribue moins à l'incompétence
américaine qu'à la passivité de ses alliés et à l'implacable pouvoir de
nuisance du tribalisme.
"Quand je regarde en arrière et que je
me demande ce qui n'a pas marché", confie Obama, j'admets qu'il y a
des critiques à faire, "parce que j'espérais que les Européens, étant
donné leur proximité avec la Libye, seraient plus impliqués dans le
suivi" de ce pays. Le président américain souligne que Nicolas Sarkozy a
perdu son poste l'année suivante. Tandis que le Premier ministre
britannique David Cameron a rapidement cessé d'accorder de l'attention à
la Libye, "distrait par une série d'autres choses."
La "vantardise" de Sarkozy
"Sarkozy
voulait claironner la participation de la France à la campagne
aérienne, alors que nous avions détruit toutes les défenses aériennes et
assuré l'essentiel de l'infrastructure" de l'intervention. Ce genre de
vantardise était une bonne chose, poursuit Barack Obama, parce que cela
permis aux États-Unis "de nous payer la participation de la France de
sorte que l'intervention est devenue moins onéreuse et moins risquée
pour nous."
En d'autres termes, donner à la France un crédit
supplémentaire en échange de risques et de coûts inférieurs pour les
États-Unis était un compromis utile, sauf que "du point de vue d'un
grand nombre d'experts de l'establishment [américain] des
Affaires étrangères, eh bien, ce fut terrible. Si nous devions faire
quelque chose, nous devions évidemment être à l'avant, et personne
d'autre ne devait en partager l'honneur ".
Source: www.lexpress.fr

