Le vice-président de la Fédération camerounaise de Catch parle de la pratique de ce sport au Cameroun.
Le Cameroun a détenu la ceinture africaine des poids lourds pendant 28 ans. Pourtant le pays
compte très peu de catcheurs de haut niveau. Comment est-ce possible ?
Les
catcheurs ne se sentent pas du tout encouragés, ni accompagnés.
Souvenez-vous de la cérémonie de lancement de la saison 2016, au Camp de l’Unité.
Ils ont reçu chacun 15 000 Cfa par combat remporté. Les perdants
avaient droit à 10 000 Cfa. Les enfants ont dénoncé ce mauvais
traitement et revendiqué une revue à la hausse de leurs primes. La
réaction des responsables fédéraux ne leur a pas plu. Il a été rappelé
aux catcheurs qu’ils représentent la Nation, et que pour cela ils
doivent le faire gratuitement. C’est une honte ! ce ne sont pas des
choses à dire à ces jeunes, quand l’on sait quels sacrifices ils
consentent. Ils mettent en péril leur santé et risquent même leurs vies
sur le ring, pour 10 000 ou 15 000 Cfa ! Plutôt que de subir des
fractures et d’autres blessures qui ne seront pas prises en charge, les
catcheurs préfèrent rester chez eux. C’est très difficile pour ces
enfants. Ils sont pourtant nombreux qui aiment le catch.
Était-ce la même réalité du temps de Super Makia ?
J’ai fait une bonne carrière parce que j’évoluais hors du pays. La société Guinness m’avait recruté, associant mon image à ses produits. Ce fut aussi le cas avec Michael Power.
J’ai presque fait le tour du monde. J’ai même passé cinq années à
Londres. Mon salaire mensuel s’élevait à 600 000 Cfa, avec en prime un
logement gratuit, une allocation spéciale pour mon alimentation et un
véhicule. Des changements sont survenus plus tard dans la société. Le
Directeur du marketing originaire d’Europe, a été remplacé par un
camerounais. Un frère ! C’est ce dernier qui a décidé de modifier mon
traitement salarial. Nous n’avons pas trouvé un terrain d’entente, d’où
mon départ de guinness. De manière générale ma carrière a été un succès. Je ne suis pas milliardaire, mais ne manque de rien aujourd’hui.
A votre avis que faut il faire pour que le catch camerounais ait un bon niveau?
Chaque
athlète devrait avoir un sponsor. C’est ainsi qu’il connait une bonne
évolution dans sa carrière. Au Cameroun les gens ne le savent pas. Power
Lee, l’actuel Champion d’Afrique des poids lourds, a pu disputer la
finale aller à Yaoundé grâce à son sponsor. Il s’occupe du volet
financier. Les camerounais manquent de sponsors. Chaque catcheur doit en
avoir un. Sinon les choses deviennent difficiles. En réalité l’Etat ne
s’occupe pas des débutants, mais des athlètes connus. L’athlète doit se
prendre en charge dans un premier temps, avant d’espérer une certaine
assistance de l’Etat. Les camerounais doivent le savoir.
© CAMERPOST par Olivier Ndema Epo

