Arthur Zang: “Le Cameroun n’a pas encore acheté le Cardiopad”

Arthur Zang: "Le Cameroun n'a pas encore acheté le Cardiopad"
Entretient avec Arthur Zang, créateur du Cardiopad et probablement l’entrepreneur le plus influent du Cameroun.

Où en êtes-vous avec la vulgarisation du Cardiopad?

Nous avons fabriqué 100 exemplaires depuis le début de cette année. Actuellement, nous en avons vendu 53. Les principaux pays acheteurs sont le Gabon qui a pris 53 Cardiopad et le Népal qui en a commandé 15. Les autres machines ont été vendues en Asie, précisément en Inde. Le Sénégal et le Burkina ont aussi manifesté de l’intérêt quand à la tablette tactile. Mais nous sommes encore en négociation.

Vous parlez d’autres pays, qu’en est-il du Cameroun?

Le Cameroun n’a pas encore acheté le Cardiopad. Cependant, quelques formations hospitalières privées ont acheté cinq appareils.

Pourquoi la commercialisation coince au niveau local?

Les pouvoirs publics ont estimé qu’il fallait au préalable passer la machine devant la commission d’homologation constituée entre autres d’un collège de cardiologues. Il y a quelques semaines, nous avons déposé un dossier constitué de la fiche technique du Cardiopad, du manuel d’utilisation, bref d’un ensemble d’éléments présentant ses spécifications techniques. C’est après réflexion que la commission d’homologation décidera de l’acquisition ou pas des appareils par le gouvernement. Nous allons attendre le temps qu’il faut.

Comment financez-vous le montage des exemplaires de Cardiopad?

Nous nous sommes essentiellement appuyés sur le financement octroyé par le président de la république, estimé à 40 millions de Fcfa. Les prix obtenus dans le cadre des compétitions organisées à l’échelle internationale comme le prix Rolex, nous ont permis d’engranger environ 90 millions de Fcfa. Fort de ces moyens financiers, nous avons pu acquérir des composantes du Cardiopad en Chine, les acheminer au Cameroun et les monter dans notre entreprise. Nous avons également pu obtenir des prêts bancaires. Il y a aussi Microsoft qui nous facilite l’accès à certains logiciels réputés onéreux. des cardiologues et autres médecins nous aident aussi à améliorer certaines applications.

Avez-vous bénéficier d’un accompagnement de l’Etat?

Nous avons justement soumis ce problème au gouvernement qui nous a orienté vers l’Agence de Promotion des Investissements (API). Nous attendons actuellement de signer une convention pour bénéficier de certaines facilités relatives à la loi sur l’incitation à l’investissement privé.

D’autres investisseurs se sont-ils manifesté?

Depuis le début de cette aventure, nous avons été approchés par des hommes d’affaires qui voulaient soit être actionnaires, soit acheter Himore Médical notre entreprise et tout ce qui va avec. D’autres ont voulu avoir le droit d’exploitation du Cardiopad. Mais, leur offre ne cadrait pas avec notre vision. Nous avons préféré travailler à notre propre compte et mieux structurer l’entreprise. Mais, nous songeons à ouvrir la porte à d’éventuels actionnaires. Cependant, nous avons des contrats de partenariats avec Rolex et la Royal Academy of Engeneering du Royaume-Uni qui s’occupent également de la promotion du cardiopad.

Quels sont vos projets d’avenir?

Avec les 100 millions issus de la vente des Cardiopad, nous avons acheté le matériel destiné à un nouveau projet, une usine dénommée “Zng Smart Cart factory” destinée au montage des cartes magnétiques de type Rfid, pour les banques, les universités et autres institutions privées. Nous allons également poursuivre le montage d’autres exemplaires du Cardiopad.

Comment va se passer concrètement l’implantation de cette usine?

L’usine est logée au quartier Nsam-Efoulan. nous allons déjà dédouaner les 600t d’appareils encore stockés au port. une fois le local aménagé, nous allons recruter environ 150 personnels. Les 20 premiers recevront une formation relative au  montage et à la manipulation des machines. Elles formeront à leur tour une dizaine d’autres employés. Il y aura des commerciaux chargés de la vente des machines et le reste du personnel sera constitué d’ingénieurs et autres techniciens. Le personnel sera en majeure partie camerounais, jusqu’à ce qu’on ait besoin d’une expertise étrangère.
-Michèle Fogang pour CT-
espacepme.cm