Le site internet est le mal aimé des outils de communication
utilisés par les entreprises camerounaises. Même les grandes entreprises
n’y échappent pas.
Grâce au site internet, les sociétés peuvent capter l’attention
d’une cible de clients potentiels, permettre aux visiteurs d’avoir les
dernières nouvelles… Mais le problème, c’est qu’un grand nombre de ces
entreprises, publiques ou privées, peinent à suivre le train de la
mondialisation. Les informations postées sur leurs sites web ne sont
que rarement mises à jour. D’autres datent même de plusieurs mois
voire des années. C’est à croire qu’elles ont un problème avec
l’outil internet. Selon le directeur marketing et commercial d’une
compagnie d’assurance basée à Douala, le site internet est destiné
juste à présenter ses services et produits. D’ailleurs, la dernière
nouvelle date déjà de plusieurs mois : « Ce (site internet) n’est pas un magazine », veut se disculper le haut cadre de la société d’assurance.
Matrix Power, PME specialisée dans les énergies renouvelables,
n’échappe pas non plus à cette réalité implacable. La jeune
entreprise dotée autrefois d’un budget annuel de communication de FCFA 4
millions, tire aujourd’hui le diable par la queue. Son site internet,
peu actualisé, a été suspendu pour défaut de paiement à
l’hébergeur. “Le non-paiement des prestations ont plombé nos activités; il fallait prioriser ses besoins,” justifie Serge Henri Kelbe, promoteur.
Situation quasi-identique pour MTN Cameroon. Le leader dans le
secteur de la téléphonie mobile existe pour vendre aux consommateurs
des produits et services leurs permettant de communiquer au quotidien,
se dé- fend un employé à la direction générale. Le site web sert
d’abord et avant tout à parler de ces produits et services. Chaque
institution fait ses choix en fonction de ses objectifs, ses challenges
et ses moyens. Cela dit, «Il faut être conscient de l’époque dans
laquelle nous vivons. Une époque où les institutions dis- posent de
plusieurs canaux pour s’adresser aux publics, parce que les habitudes de
ces publics évoluent. A ce sujet, MTN par exemple dispose de plusieurs
sites web et comptes sur les réseaux sociaux. Les différents publics
qui s’y trouvent reçoivent régulièrement l’actualité de MTN Cameroon», conclut la source.
D’un site internet à un autre, le constat reste le même. Les
dernières nouvelles sur l’actualité ou la vie de l’entreprise ne sont
pas légion. Pour Me Laurent Bondje, avocat au barreau du Cameroun,
cette situation tient son origine dans la formation, le manque
d’équipements. En plus, nombre de sociétés ne sont pas assez formées
dans les NTIC, en témoigne leur difficulté d’adaptation. Nous sommes
dans un environnement de suspicion économique, dit l’homme de loi avant
de poursuivre : un monde où les gens pensent sauvegarder des secrets
économiques. Ils se disent que si je mets sur la toile les informations
de mon entreprise d’autres personnes vont en profiter. «L’information
économique doit circuler pour permettre à tout le monde de se faire
idée de ce qui se passe dans les entreprises. Le monde est devenu un
village planétaire, et on ne peut plus traiter les affaires comme
autrefois. Une affaire qui se passe aux Etats-Unis doit être connue de
tous les hommes d’affaires, un placement qui se fait au Cameroun doit
intéresser celui qui est au fin fond de la Chine», commente un observateur sous anonymat.
– Le Quotidien de l’Economie –
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