Après
avoir chuté la veille de près de 30%, le naira a regagné 0,7% sur le
dollar américain, au deuxième jour de la réintroduction, par la banque
centrale, de la flexibilité sur les taux de change. Cette évolution est
survenue,
après que la banque centrale ait décidé lundi 20 juin 2016, de
libérer un peu plus de 4 milliards $, pour satisfaire, les demandes
pendantes et futures de la devise américaine, selon des données fournies
par la plateforme de trading monétaire, FMDQ OTC Securities Exchange,
qui est basée à Lagos.
Taux de change Naira/$ selon XE.
Le
marché des obligations et des actions a répondu positivement, avec une
hausse des valeurs boursières, et un repli des intérêts dus. Pour
l'instant donc, la grande crainte du président Muhamadu Buhari de voir
dégringoler la monnaie nigériane n'est pas encore justifiée. Même si
les réserves de change du pays ont atteint leur plus bas niveau de ces
dix dernières années, elles culminaient encore à 26,5 milliards $ au 17
juin 2016, somme dont il faut soustraire les arriérés de besoins en
dollars US de l'ordre de 4 milliards.
Les
signaux donnés par la banque centrale sont ainsi accueillis
positivement par le marché, et cette dernière devrait demeurer un acteur
majeur dans la mise à disponibilité des devises extérieures, notamment
le dollar US. Mais cela ne semble valable que sur le court terme car les
spéculateurs et les analystes parient déjà pour un naira dévalué de
10%, à 350 contre 1 $, d'ici septembre 2016.
Pour
l'instant, les attentions des gestionnaires d'actifs monétaires, sont
focalisées sur le référendum relatif à la sortie ou non de la Grande
Bretagne de l'Union Européenne. Aussi, la première économie d'Afrique
peut légèrement souffler, après que les prix du pétrole aient grimpé
pour se stabiliser à 49$ ce qui relativise la chute de ses réserves de
change.
Godwin
Emefiele, le gouverneur de la banque centrale, a rappelé que son
institution interviendrait en cas de survenance de tout déséquilibre.
Rappelons que le contrôle sur les transactions de change via le
maintient d'une parité fixe, avait été décidé au Nigéria, afin de
limiter la fuite des devises, suite à la baisse des prix du baril de
pétrole, alors que les habitudes de consommations en biens importés,
eux, n'avait pas changé. Mais cette décision a eu pour effet d’accroître
les coûts financiers, et les taux des emprunts internationaux effectués
par les entreprises, notamment à capitaux étrangers.
Idriss Linge
Agence Ecofin

