La Banque centrale du Nigeria avait décidé, depuis mars 2015, de
maintenir le taux de change officiel à 197-199 nairas pour un dollar,
arguant qu’une dévaluation “tuerait” le naira.
Mais vu la grave crise qui affecte l’économie nationale,
l’institution financière qui maintenait inchangé le taux de change du
naira vis-à-vis du dollar, a décidé mercredi dernier, d’ouvrir la voie à
la dépréciation de la monnaie locale, afin de rassurer les
investisseurs étrangers. Selon l’institution financière, à partir du 20
juin, “le taux de change va être purement dicté par le marché”.
A en croire l’AFP, la chute des cours mondiaux du pétrole, qui compte
pour environ 70 % dans les revenus de l’État et 90 % des réserves de
devises étrangères du Nigeria, a plongé la première économie d’Afrique
dans une crise économique et financière inédite. Ce qui a fait que les
devises étrangères se sont ainsi mises à manquer, entraînant une chute
du naira au marché noir.
Intervenant sur la question le gouverneur de la Banque centrale,
Godwin Emefiele a affirmé : “Nous pensons désormais que le moment est
propice pour restaurer les mécanismes d’ajustement automatiques du taux
de change, avec la réintroduction d’un taux interbancaire flexible sur
le marché”. Il avait même prévenu le mois dernier que la récession était
“imminente”, au vu du ralentissement de la croissance au premier
trimestre 2016. Le mois dernier, l’inflation a atteint 15,6 %, son plus
haut niveau en six ans.
Des analystes ont aussitôt applaudi la décision de la Banque
centrale, estimant que cette mesure allait attirer des investissements
étrangers dont le pays a grandement besoin. Mercredi, le naira
s‘échangeait à 370 pour un dollar au marché noir.
Selon l’agence financière Bloomberg, les mesures macroéconomiques
prises par Muhammadu Buhari, au pouvoir depuis un an, avaient effrayé
les investisseurs, ramenant les investissements directs étrangers (IDE) à
leur plus bas niveau depuis la crise économique mondiale de 2007-2008.
afrikmag.com

