L’Union africaine affaiblie par son inaction

Elue en 2012 à la présidence de l’Union africaine (UA), la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma laisse un bilan décevant et ne se représente pas à ce poste stratégique. Le 15 juillet 2012 à Addis-Abeba (Ethiopie).
L’Union africaine (UA) peut-elle se réinventer pour devenir une institution crédible, affranchie des pressions de certains dirigeants ? La question agite les diplomates africains à moins d’un mois du 27e sommet de
l’organisation à Kigali et au cours duquel les chefs d’Etat éliront un nouveau président.
La Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma ne se représente pas à ce poste stratégique. Son élection, en 2012, avait pourtant suscité de l’espoir à ­plusieurs titres. Pour la première fois, une femme accédait à cette fonction, originaire de la première puissance du continent, l’Afrique du Sud, dirigée par son ancien époux et compagnon de lutte contre l’apartheid, Jacob Zuma.
Mais plutôt que de réenchanter l’organisation ­panafricaine, le mandat de quatre ans de ­Nkosazana Dlamini-Zuma a accéléré son déclin. L’ancienne ministre, taiseuse et régulièrement ­absente d’Addis-Abeba, où se trouve le siège de l’UA, s’est surtout illustrée par des discours flous et son manque de vision. Plus préoccupée par la vie de son parti, le Congrès national africain (ANC), et par son ambition présidentielle, que par l’avenir du continent, elle s’est contentée de reprendre l’agenda « Afrique 2063 », un programme décousu de ­« renaissance africaine », et s’est investie dans l’organisation de sommets sur les questions du genre et du droit des femmes.
Sacro-saint concept de non-ingérence

LE MONDE