Au lendemain du conclave de l'opposition congolaise organisé à
Bruxelles, la Majorité présidentielle (MP), coalition au pouvoir en RDC,
a rejeté vendredi les résolutions de ce forum, les qualifiant de
« tentative de
coup d'État institutionnel ».
Les perspectives d’un dialogue politique inclusif s’éloignent de plus
en plus en RD Congo. À la place, un bras de fer s’installe chaque jour
davantage entre l’opposition et le pouvoir. Dernière illustration en
date : moins de 24 heures après la clôture à Bruxelles du forum des
« forces politiques et sociales acquises au changement » autour de
l’opposant congolais historique Étienne Tshisekedi, la Majorité
présidentielle (MP) a, dans une déclaration lue devant la presse le 10
juin à Kinshasa, « [rejeté] toutes les résolutions adoptées par ce
conclave, les qualifiant de « coup d’État institutionnel en gestation ».
Réunis à Bruxelles, l’opposition congolaise a notamment « [pris] acte
de la fin du deuxième et dernier mandat de M. Joseph Kabila Kabange le
19 décembre 2016 [date de la fin constitutionnelle du second mandat du
président sortant, ndrl] à minuit et [salué] son départ du pouvoir le 20
décembre 2016 minuit ».
Conclave de Bruxelles, un « complot contre la nation », selon la majorité
« La MP regrette qu’une partie de l’opposition congolaise, 56 ans
après l’indépendance, recourt aux mêmes méthodes et aux mêmes pratiques
des années 1960 et 1990 qui ont semé le chaos, mis à mal le processus
démocratique et sapé le tissu économique » de la RD Congo, a alors
déploré Aubin Minaku, président de la coalition au pouvoir. Et d’appeler
le facilitateur Edem Kodjo à « poursuivre l’action entreprise en vue de
la mise en place du comité préparatoire et de l’ouverture du dialogue
proprement dit ». Des pourparlers rejetés la veille par le conclave des partis d’opposition qui ont mis en place un « rassemblement » anti-Kabila.
Une démarche considérée par la MP comme un « complot contre la
nation », une « approche insurrectionnelle tendant au renversement des
institutions démocratiquement élues », a ajouté Aubin Minaku qui est
également président de l’Assemblée nationale.
Vers un référendum sur le maintien de Kabila ?
La coalition au pouvoir a par ailleurs encouragé la Commission
électorale nationale indépendante (Ceni) à « poursuivre ses efforts de
doter le pays d’un fichier électoral transparent, fiable et inclusif »,
soulignant son attachement au « respect de l’ordre institutionnel
installé de façon démocratique conformément à la Constitution ainsi qu’à
la souveraineté du peuple congolais ». Ce qui laisse transparaître
l’idée de l’organisation du référendum sur le maintien du président
Joseph Kabila. Une hypothèse que n’écarte plus certains ténors de la MP.
Dans ces conditions, huit mois après la convocation du dialogue
politique par le chef de l’État, sa tenue effective paraît plus que
jamais hypothétique.
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