Quarante-neuf morts, 53 blessés. C'est le bilan
effroyable de l'attaque d'une boîte gay d'Orlando, en Floride, dans la
nuit de samedi à dimanche. Si l'identité et les motivations du tueur se
précisent, la question des armes
à feu aux Etats-Unis est dans toutes les têtes. Mais, faute de solutions, les politiques s'en tiennent à des réactions indignées. Et dans le pays comme dans le reste du monde, elles ont été nombreuses.
à feu aux Etats-Unis est dans toutes les têtes. Mais, faute de solutions, les politiques s'en tiennent à des réactions indignées. Et dans le pays comme dans le reste du monde, elles ont été nombreuses.
Ce lundi,
le jour se lève sur un pays traumatisé. Un homme seul a perpétré la
tuerie la plus meurtrière de l’histoire des Etats-Unis. L’attentat le
plus violent depuis le 11-Septembre.
Un homme seul, qui plus est
un citoyen américain, ayant un permis de port d’arme, et qui achète donc
ses armes légalement. Les services de sécurité en parlent depuis des
mois : c’est typiquement l’attentat, l’acte de haine, qu’il est très
difficile d’éviter.
La question du contrôle des armes est aussi
posée depuis des années - de tuerie de masse en tuerie de masse - sans
qu’une réponse ne soit apportée. Dans ce pays, le Deuxième amendement
permet de porter des armes, et d’en acquérir. Même les mesures prises
par décret par Barack Obama sur le contrôle des antécédents, ressemblent
à un cautère sur une jambe de bois.
→ A (RE)LIRE : Etats-Unis: ce que l'on sait de la tuerie d'Orlando
Un
questionnement d'autant plus grand qu’hier, un autre attentat a été
évité à Los Angeles. Un jeune homme de 20 ans, lourdement armé, qui
voulait apparemment attaquer la parade de la fierté homosexuelle en Californie, a été arrêté.
« Une attaque contre chacun de nous »
Alors
à défaut de solutions, les réactions ont été vives. Barack Obama était
livide de colère lors de son intervention d’hier, parlant « d’acte de terreur et de haine ». « Aujourd’hui
nous avons le cœur brisé pour nos amis, nos concitoyens américains qui
sont lesbiennes, homosexuels, bisexuels ou transgenres. Le tireur a
ciblé une discothèque, où les gens viennent pour être entre amis. Cet
endroit est plus qu’une boite de nuit, c’est un lieu de solidarité où
les gens viennent s’informer, parler de leurs soucis, et militer pour
leurs droits. C’est un bien triste rappel, qui nous remet en mémoire que
toute attaque contre un Américain, quelle que soit sa race, son ethnie,
sa religion, son orientation sexuelle, est une attaque contre chacun de
nous. »
Mais le président américain va quitter la Maison
Blanche cette année, et ce sujet du terrorisme et de la violence par
arme à feu va revenir à son successeur. Or, Hillary Clinton et Donald
Trump, qui s'affronteront vraisemblablement en novembre prochain, ont
eux aussi réagli.
Le milliardaire a été égal à lui-même. Dans un communiqué, il a demandé la démission du président pour « son inefficacité contre le terrorisme ».
Le candidat républicain, fervent soutien du lobby des armes, blâme
les immigrants musulmans pour la tuerie d’hier. Donald Trump suggère
aussi à Hillary Clinton de se retirer de la course à la Maison Blanche,
pour « son laxisme dans le domaine de l’immigration ». Hillary
Clinton qui est en faveur de l’accueil de réfugiés syriens par exemple,
et qui a déclaré la guerre au puissant lobby des armes, la NRA.
L'ancienne
secrétaire d'Etat a d'ailleurs remis la question du contrôle des armes
au centre des débats ce dimanche, demandant à ce que celles-ci ne
tombent pas entre les mains de terroristes ou de criminels.
Et
sur CNN, la démocrate a répondu à Donald Trump, pour qui la tuerie
d'Orlando est la preuve que les Etats-Unis ne sont pas assez forts et
que la guerre contre le terrorisme est en train d'échouer : « Oui,
nous devons poursuivre ceux qui nous menacent d’actes terroristes. Nous
devons éviter la radicalisation aux Etats-Unis, nous devons donner aux
forces de l’ordre les outils dont elles ont besoin pour éradiquer cette
radicalisation. Nous devons combattre les terroristes où qu’ils soient,
pour être en sécurité chez nous. Mais nous devons aussi avoir conscience
que de nombreuses personnes qui n’ont aucun rapport avec le terrorisme
utilisent aussi ces armes pour tuer des gens. »
Soutiens de l'étranger
A
travers le monde, les témoignages de soutien ont afflué, tant de la
part de dirigeants politiques que des populations. A Paris, une
cinquantaine de personnes se sont rassemblées en silence près du centre
Beaubourg, devant un drapeau arc-en-ciel, symbole du mouvement LGBT.
Le président français, François Hollande, a condamné « avec horreur la tuerie » et a exprimé « le plein soutien de la France et des Français aux autorités et au peuple américains dans cette épreuve. »
Le pape François, par le biais de son porte-parole Federico Lombardi, a déclaré que cette attaque a « suscité [...] des
sentiments très profonds d'exécration et de condamnation, de douleur,
de trouble devant cette nouvelle manifestation d'une folie meurtrière et
d'une haine insensée ». De son côté, le président du Conseil italien Matteo Renzi, sur Twitter, a exprimé la « solidarité et l'émotion du gouvernement italien pour l'atroce massacre d'Orlando en Floride ». A Rome, un rassemblement a eu lieu dans le quartier gay situé près du Colisée.
Un
rassemblement similaire s'est tenu à Madrid devant l'ambassade des
Etats-Unis, où un drapeau arc-en-ciel et des fleurs ont été déposés. Le
président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a affirmé que « l'Espagne [était] avec les Etats-Unis ».
« Nous
exprimons notre solidarité avec le peuple américain et plus
particulièrement avec la communauté LGBT que cette attaque terroriste
haineuse a visée », a fait part de son côté la responsable de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.
Enfin
Ashraf Ghani, le président de l'Afghanistan, le pays d'origine de la
famille du tueur présumé, Omar Mateen, a condamné également cette
attaque. « Mes pensées vont aux familles, aux victimes, ainsi qu'au peuple et au gouvernement américains », a-t-il déclaté sur Twitter.
Par RFI

