Avec la baisse des recettes pétrolières qui représentent entre 20 et 80% des recettes publiques dans la zone Cemac, les Etats de cet espace communautaire se livrent désormais une véritable bataille sur le marché des
titres publics de la banque centrale (Beac), afin de résorber leurs difficultés de trésorerie.
A
titre d’exemple, pour la seule journée du mercredi 20 juillet prochain,
trois Etats-membres de la Cemac (Cameroun, Gabon et Guinée équatoriale)
tenteront de mobiliser une enveloppe globale comprise entre 20 et 22
milliards de francs Cfa, apprend-on de la Banque des Etats de l’Afrique
centrale (BEAC).
Le
Cameroun, principal animateur de ce marché depuis son lancement en
2011, fort des 16 Spécialistes en valeur du Trésor (SVT) que le pays a
agréés sur ce marché, ambitionne de mobiliser 7 milliards de francs Cfa
au moyen d’une émission de bons du Trésor assimilables (BTA) d’une
maturité de 52 semaines.
Le
Gabon, auréolé par un taux de souscription de 254% enregistré lors de
sa dernière émission de BTA en vue de mobiliser 5 milliards de francs
Cfa le 13 juillet dernier, lancera ses 12 SVT dans la bataille, pour
tenter de collecter entre 3 et 5 milliards de francs Cfa. L’opération se
fera par émission d’obligation du Trésor assimilables (OTA) d’une durée
de maturité de 2 ans, renseigne un communiqué de la BEAC.
De
son côté, la Guinée équatoriale, le nouvel El dorado pétrolier de la
zone Cemac, qui boudait jusqu’ici le marché des titres de la BEAC depuis
sa création, est également dans la course le 20 juillet prochain, pour
tenter de mobiliser 10 milliards de francs Cfa par émission de BTA d’une
maturité de 52 semaines. Dix SVT sont en lice pour aider le Trésor
public équato-guinéen à atteindre cet objectif.
Avec
l’arrivée sur le marché des titres publics de la BEAC de ce pays, qui
croule désormais sous des déficits budgétaires depuis le déclenchement
de la crise autour du prix du baril du brut à l’international, seul le
Congo reste pour l’instant en marge de ce marché de plus en plus prisé
par les Etats de la zone Cemac.
Selon
les statistiques révélées au sortir de la première réunion de l'année
2016 du Conseil de surveillance de la Cellule de règlement et de
conservation des titres (CRCT), qui s'est tenue le 14 avril 2016 au
siège de la banque centrale à Yaoundé, les émissions de titres publics
par les États ont doublé en 2015 par rapport à l'année 2014.
Ces
opérations ont culminé à 635,8 milliards de francs Cfa à fin février
2016, contre 312,4 milliards de francs Cfa sur la même période l'année
dernière. «Cette
forte hausse du recours des États au marché des titres publics
s'inscrit dans un contexte économique marqué par le resserrement de la
liquidité bancaire observé depuis le premier semestre de l'année 2015,
en relation avec la faiblesse des cours internationaux du pétrole sur la
plupart des économies de la Cemac», avait expliqué la BEAC dans le communiqué officiel.
Brice R. Mbodiam
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