La France demande aux trois pays qui ont annoncé leur décision de se
retirer de la Cour pénale internationale (CPI), qu'ils accusent de
cibler essentiellement des pays africains, de "reconsidérer" leur
décision, a fait savoir lundi le ministère français des Affaires
étrangères.
« Nous appelons instamment les pays ayant fait ces annonces à
reconsidérer leur intention et restons disposés à entretenir un dialogue
constructif sur le fonctionnement du système de justice pénale
internationale », a indiqué le Quai d’Orsay lundi 31 octobre dans un
communiqué.
« La lutte contre l’impunité est essentielle pour permettre le
respect des droits de l’homme, une réconciliation et une paix
durables », a souligné la diplomatie française, ajoutant que « la Cour
pénale internationale joue à cet égard un rôle unique en tant que seule
juridiction pénale permanente à vocation universelle ».
Retraits en cascade
Le 18 octobre, le Burundi a officiellement annoncé son retrait de la CPI, suivi quelques jours plus tard, le 21 octobre, de l’Afrique du Sud, après la polémique causée par son refus d’arrêter le président soudanais Omar el-Béchir, recherché par la CPI pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre au Darfour.
L’Afrique du Sud et le Burundi ont déjà notifié formellement leur
décision en octobre aux Nations unies. Ce retrait ne prendra toutefois
effet que un an après la réception de cette notification officielle.
Le 25 octobre, dans une allocution à la télévision nationale, le ministre de l’information gambien, Sheriff Bojang, a
annoncé que son pays avait également l’intention de se retirer de la
CPI, déplorant une « persécution envers les Africains », selon ses
propres termes. Pour rappel, sur les neuf enquêtes lancées par les
magistrats de la Haye, huit d’entre elles visent des pays africains.
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