FIGARO DEMAIN - Primes, cadeaux,
voyages de rêve… De nombreux chefs d'entreprises se sont montrés très
généreux avec leurs salariés ces dernières années.
Il pourrait être élu meilleur patron du monde… quoique la concurrence est rude! Gary Bertch, qui dirige le fabricant de meubles Bertch Cabinets,
basé à Waterloo dans l'Iowa, a annoncé, via Facebook, à l'ensemble de
ses 800 employés qu'ils profiteront d'une semaine de vacances. «Nous
allons fermer toutes les antennes du 9 au 13 janvier fin que nous
puissions mettre les voiles pour les Caraïbes ensoleillées! Ce voyage ne
serait pas possible sans le travail acharné de nos incroyables associés
Bertch! Bonnes fêtes, tout le monde!», a posté le groupe sur le réseau
social. Ce voyage vise à récompenser les salariés qui sont parvenus à
remplir les objectifs annuels, souligne Gary Bertch.
«Nous avons
quatre avions charter qui voleront directement à Miami dimanche puis
nous resterons dans un bel hôtel cinq étoiles. Ensuite, lundi nous nous
rendrons au port pour retrouver le bateau», a précisé Gary Bertch au
quotidien local The Courier.
Les vacanciers passeront ensuite la semaine sur le bateau et se
rendront notamment sur l'île de Cozumel au large de la côte du Mexique.
Le
groupe avait l'habitude de récompenser de cette manière ses employés
mais il ne le faisait plus depuis 2005, en raison de la crise et d'une
situation économique fragile. Fondée en 1977, la société a compté
jusqu'à plus de 1000 salariés avant que la crise contraigne le groupe à
réduire la masse salariale à 600 en 2011. Puis les affaires ont repris
petit à petit et des embauches ont de nouveau été possibles.
D'autres patrons modèles
Sur Facebook, nombreux étaient les
abonnés du réseau social à saluer l'initiative de Bertch Cabinets en
affirmant qu'ils scruteraient les prochaines offres d'emploi dans cette
société! L'entreprise de Gary Bertch n'est toutefois pas la seule à
susciter l'envie des salariés.
Ainsi, en octobre dernier, un
patron indien a, comme les années précédentes, récompensé certains
collaborateurs pour leur travail. En 2016, Savji Dholakia, patron de Hari Krishna Exports,
a offert des voitures et des appartements à ses employés. Au total, le
président du groupe a distribué 400 appartements et 1200 voitures à 1700
employés - sur les 5500 employés que compte le groupe. Ces cadeaux
représentent environ 7,7 millions de dollars (soit 6,9 millions d'euros)
de dons. Des récompenses méritées aux yeux du dirigeant qui souligne
que les exportations du groupe ont atteint cette année plus de 700
millions de dollars dans plus de 70 pays différents.
Aux États-Unis, Hamidi Ulukaya, le fondateur de Chobani,
fabricant de yaourts dits «grecs», a décidé d'offrir 10% de son
entreprise à ses 2000 employés. Le nombre d'actions distribuées à chacun
va dépendre de l'ancienneté au sein de l'entreprise. La valeur moyenne
de chaque don a été évaluée à 150.000 dollars, estime le New York Times.
«A partir d'aujourd'hui, je vais avoir 2000 nouveaux associés à
Chobani. C'est l'un des meilleurs moments de ma vie», avait alors écrit
Hamdi Ulukaya, sur son compte Twitter. L'initiative a même été saluée
par Hillary Clinton.
L'an passé, le groupe énergétique Hilcorp Energy Co.,
basé au Texas, a également fait preuve de générosité à l'égard de ses
salariés. L'entreprise américaine fondée en 1989 a accordé une prime de
100.000 dollars à chacun de ses 1400 salariés. Son PDG et fondateur, le
milliardaire Jeffery Hildebrand, a souhaité les récompenser car Hilcorp
Energy a atteint avant l'heure les objectifs de son dernier plan
quinquennal.
En
Turquie, un patron fait encore mieux puisqu'il a offert 215.000 euros à
chacun de ses 114 employés, qui ne touchent qu'entre 1000 et 1700 euros
par mois. Nevzat Aydin, patron d'un des plus grands sites turcs de
commande de repas en ligne, Yemeksepeti.com, a en effet
partagé les énormes bénéfices engrangés par la vente de sa société. Au
total, Nevzat Aydin a fait un don de plus de 24 millions d'euros à ses
salariés, après avoir vendu sa société près de 550 millions d'euros au
géant allemand Delivery Hero.
Aux États-Unis, Dan Price, fondateur et PDG de la start-up de services de paiement Gravity Payments,
avait décidé de diviser son salaire par 14 pour augmenter ses 120
salariés, déjà payés autour de 63.000 euros par an. Il a ainsi décidé
que tous les salariés de son entreprise devaient toucher le même
salaire, lui compris, instituant ainsi un salaire minimum de 70.000
dollars.
Une
largesse qui a du bon puisque le monde entier a relayé cette intiative
et ainsi généré un coup de publicité international. Résultat, en
quelques mois, les bénéfices de la société ont presque doublé, la
productivité des salariés a enregistré une hausse significative et le
nombre de clients a explosé passant de trente mensuels à près de 4000!
Au-delà de la satisfaction des employés et du bien-être apporté aux
salariés, preuve en est que la générosité des patrons peut être un
véritable moteur de croissance.
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