Donald Trump a réaffirmé, lundi, ses positions critiques vis-à-vis de l’Otan, de l’UE, et de la politique d’accueil des migrants lors d’entretiens accordés à des médias européens. Une vision toujours proche de celle de Vladimir Poutine.
Une "erreur catastrophique" de Merkel sur l’accueil des migrants, l’Otan "obsolète", le "succès" du Brexit qui marque le début de la fin de l’Union européenne. Si le fond ressemble à du Vladimir Poutine, la forme, elle, est clairement signée Donald Trump.
Lundi 16 janvier, à cinq jours de son investiture, le magnat
de l’immobilier n’a pas mâché ses mots pour exposer ses vues sur les
sujets d’actualité les plus brûlants sur le Vieux Continent, auprès des
journaux britannique Times et allemand Bild.
L'Otan 'obsolète'
Sujet d'inquiétude récurrent pour les Européens au moment où
la Russie fait jouer ses muscles, le milliardaire a réitéré ses
critiques contre l'Otan "obsolète", reprochant à ses États membres de ne
pas payer leur part de la défense commune et de se reposer sur les
États-Unis.
"J'ai dit il y a longtemps que l'Otan avait des problèmes.
En premier lieu, qu'elle était obsolète parce qu'elle a été conçue il y a
des années et des années" et "parce qu'elle ne s'est pas occupée du
terrorisme. (...) En deuxième lieu, les pays (membres) ne payent pas ce
qu'ils devraient", a estimé M. Trump.
Peu d'États de l'Alliance atlantique atteignent le niveau de
2 % de leur produit intérieur brut pour les dépenses militaires,
l'objectif que s'est fixé l'Otan en 2014.
Durant sa campagne présidentielle, M. Trump avait déjà tenu
des propos similaires, paraissant remettre en cause l'obligation de
solidarité entre pays membres de l'Otan en cas d'agression s'ils ne
contribuaient pas plus aux dépenses. Les Etats-Unis portent environ 70%
des dépenses militaires de l'organisation.
Politique migratoire : "Angela Merkel a fait une erreur catastrophique"
La chancelière allemande Angela Merkel, qui a critiqué
plusieurs fois Donald Trump publiquement, a également pris une salve du
futur président américain, qui a néanmoins dit avoir "beaucoup de
respect" pour elle.
"Je pense qu'elle a fait une erreur catastrophique en
prenant tous ces migrants illégaux", a lâché M. Trump. Mme Merkel avait
décidé en septembre 2015 d'ouvrir ses frontières à des centaines de
milliers de migrants, dont une partie fuyant la guerre en Syrie.
Selon le milliardaire, les conséquences de cette politique
d'accueil se sont fait récemment "clairement sentir" – une allusion à
l'attentat au camion-bélier contre un marché de Noël à Berlin le 19
décembre (12 morts), revendiqué par l'organisation jihadiste État
islamique.
"Le Brexit sera un succès"
M. Trump a jugé que Berlin, plutôt que d'accueillir des
réfugiés, aurait mieux fait de militer pour des zones d'exclusion
aérienne en Syrie pour protéger la population des bombardements. "Les
pays du Golfe auraient dû payer pour ça, après tout ils ont plus
d'argent que quiconque", a-t-il dit.
Donald Trump a aussi accusé l'Allemagne de dominer l'Union
européenne. "Vous regardez l'Union européenne (...) c'est en gros un
instrument pour l'Allemagne. C'est la raison pour laquelle je pense que
le Royaume-Uni a eu bien raison d'en sortir", a asséné le président élu.
Le Brexit sera "un succès", a-t-il assuré, annonçant vouloir
conclure un accord commercial avec le Royaume-Uni "rapidement et dans
les règles" et rencontrer "très rapidement" la Première ministre
britannique Theresa May.
Ces propos tranchent avec ceux de Barack Obama, qui avait
annoncé que le Royaume-Uni se retrouverait en bout de file d'attente
pour conclure des accords commerciaux avec les États-Unis si jamais il
quittait l'UE.
France 24 Avec AFP

