Après avoir affiché leur désaccord sur la date du 02 mai 2017
annoncée par le bâtonnier Jackson Francis NGNIE KAMGA comme la date
fixée pour la fin de la grève des avocats anglophones dans les Régions
du Sud-Ouest et Nord-Ouest, les membres de l’ordre des avocats au
barreau du Cameroun, se querellent dans le cadre de la défense de leurs
confrères mis en cause au Tribunal militaire de Yaoundé.
Pour comprendre cette nouvelle dispute entre les
avocats camerounais, Camerooun-info.net vous invite à lire la mise au
point ci-dessous, signée du Secrétaire de l’ordre des avocats au barreau
du Cameroun.:
MISE AU POINT DU SECRETAIRE DE L’ORDRE DES AVOCATS AU BARREAU DU CAMEROUN
Après avoir pris connaissance du
communiqué de presse en date du 13 avril 2017 signé de l’ancien
Bâtonnier Bernard MUNA, lequel se présente comme étant le porte-parole
d’un collectif des avocats de la
défense de Maître Felix NKONGHO AGBOR BALLA, du Docteur FONTEM NEBA, de
Maître ABADEM WALTERS, et d’autres personnes mises en cause devant le
Tribunal militaire de Yaoundé,
Et eu égard au fait que certains
paragraphes dudit communiqué remettent en question en le critiquant, le
communiqué de presse du Bâtonnier en chaire Jackson Francis NGNIE KAMGA
publié le 09 avril 2017, et informant le public de la décision prise par
le conclave des avocats du Nord-ouest et du Sud-ouest de reprendre les
activités judiciaires dans ces deux régions le 02 mai 2017,
LE SECRETAIRE DE L’ORDRE TIENT A FAIRE
LES MISES AU POINT SUIVANTES :
Toute
action du Bâtonnier et/ou du Conseil de l’Ordre n’a et ne doit avoir
pour finalité que la protection des intérêts de la profession d’avocat,
ainsi que la défense de ceux de ses membres qui pourraient se trouver en
difficulté.
La défense
ordinale que porte le Bâtonnier devant le Tribunal militaire de Yaoundé,
à l’occasion d’un procès mettant en cause certains de ses confrères, ne
saurait être confondue avec des stratégies qu’un collectif dit de
défense, mettrait en œuvre au profit d’individus qui ne sont pas membres
de la profession d’avocat, à l’instar de sieur MANCHO BIBIXY, du Dr
FONTEM NEBA et d’autres personnes poursuivies.
Le
Bâtonnier de l’Ordre des Avocats au Barreau du Cameroun qui préside le
Conseil de l’Ordre, est le seul organe représentatif de cette
Institution. Ses pouvoirs et prérogatives, de même que ceux du Conseil
de l’Ordre sont clairement précisés dans la Loi N° 90/059 du 19 décembre
1990 portant organisation de la profession d’Avocat, et le Règlement
Intérieur. Il a le pouvoir de diriger le Barreau, et tient le bâton de
l’Ordre.
Maître
Felix NKONGHO AGBOR BALLA et Maître ABADEM WALTERS sont deux avocats
membres du Barreau du Cameroun actuellement poursuivis devant le
Tribunal militaire de Yaoundé. Il échoit au Bâtonnier en chaire
d’assurer leur défense ordinale, aussi bien au prétoire qu’en dehors. Le
Bâtonnier est de plein droit investi des pouvoirs de diriger la défense
de ces deux avocats, comme l’a du reste et fort à propos, rappelé
l’ancien Bâtonnier Bernard MUNA en personne, devant le Tribunal
militaire de Yaoundé, lors de la première audience du procès du confrère
NKONGHO AGBOR.
La
préséance du Bâtonnier en chaire dans la défense pénale de ses
confrères, outre qu’elle va de soi, a toujours été la règle au sein de
notre Ordre, ainsi cela s’est vérifié lors du procès de l’ancien
Bâtonnier Black YONDO avec le Bâtonnier Bernard MUNA, ou lors des
poursuites contre les confrères Luke SENDZE, Francis SAMA et autres
avocats avec le Bâtonnier Patrice MONTHE.
A
l’occasion des rencontres entre le Conseil de l’Ordre et les Avocats des
deux Régions anglophones, le Bâtonnier s’est clairement exprimé sur ses
démarches tendant à obtenir la libération rapide de ses deux confrères
actuellement détenus.
Cette
libération n’est pas incompatible, loin s’en faut, avec la prise en
compte du désir exprimé par la majorité des quelques huit cents avocats
des Régions du Sud-ouest et du Nord-ouest, de reprendre leurs activités,
afin de donner au Gouvernement, l’occasion de mettre en œuvre les
mesures qu’il a annoncées.
C’est pour
tenir compte des intérêts de ses deux confrères en détention, et non pas
de ceux de toutes les personnes poursuivies devant le Tribunal
militaire, que le Bâtonnier a mis en place un conclave de vingt avocats
des Régions du Sud-ouest et du Nord-ouest, par Décision
N°038/BOABC/ADM/03/17 du 31 mars 2017.
Nul ne peut
contester au Bâtonnier, le pouvoir légal et discrétionnaire qu’il a, de
créer un tel conclave auquel il conférerait des attributions
consultatives, voire décisionnelles.
Dès lors,
tout communiqué de presse qui tendrait à méconnaitre ou à remettre en
cause les pouvoirs du Conseil de l’Ordre et du Bâtonnier, d’où qu’il
vienne, constitue un manquement aux dispositions de la Loi organique et
du Règlement Intérieur du Barreau, et devrait être considéré comme tel,
c’est-à-dire réputé non écrit.
Le
Secrétaire de l’Ordre qui a reçu mandat du Bâtonnier pour faire la
présente mise au point, saisit cette occasion pour rappeler la
détermination de ce dernier à continuer d’œuvrer sans relâche en vue de
la normalisation des activités professionnelles des avocats dans les
régions du Sud-ouest et du Nord-ouest, de même qu’en vue de la
libération effective par les voies de droit des deux confrères détenus.
Aux fins
d’examiner la situation qui prévaut, le Bâtonnier de l’Ordre vient de
convoquer en urgence, pour le vendredi 21 avril 2017, une réunion
extraordinaire du Conseil Consultatif des Anciens institué par sa Décision N° 020/BOA/04/15 du 27 avril 2015.
Fait à Yaoundé le 19 avril 2017
Le Secrétaire de l’Ordre
Source: Cameroon-Info.Net

