Il est reproché aux EMF de concentrer le pouvoir de décision
entre les mains du Président du Conseil d’Administration (PCA) qui
détient parfois seul les clés du coffre-fort de l’EMF dans le but de se
servir à sa guise en quantité et en temps voulu, ou donne les clés aux
personnes qui lui sont fidèles
Selon Le Quotidien de l’Economie paru le 21 avril
2017, la mal gouvernance est la principale mise en cause dans les
multiples faillites observées dans les Établissements de Microfinance
(EMF). Il est notamment reproché aux administrateurs et directeurs
généraux des établissements de microfinance de gérer comme des
entreprises familiales. «Quand un confrère a un problème, ça affecte
tout le secteur. Le problème réside effectivement dans la gouvernance,
parce que toutes les microfinances qui ont déjà fermé aujourd’hui c’est
en grande majorité à cause de la gouvernance. Parce qu’on a beau parler
de crédits qui ne sont pas remboursés à temps, c’est parce que ces
crédits ont été mal octroyés. Quand on parle des détournements c’est
aussi la gouvernance», affirme Thaddée Fomekong, Directeur général d’un EMF.
D’après le quotidien, «il est reproché aux EMF de concentrer le
pouvoir de décision entre les mains du Président du Conseil
d’Administration (PCA) qui détient parfois seul les clés du coffre-fort
de l’EMF dans le but de se servir à sa guise en quantité et en temps
voulu, ou donne les clés aux personnes qui lui sont fidèles. Certains
PCA changent même de statut régulièrement pour pouvoir rester au pouvoir
et cooptent parfois leurs proches pour constituer une majorité au
Conseil d’Administration».
Il leur est aussi reproché «d’avoir des politiques et procédures
de crédits laxistes, incohérentes ou complexes, marqué notamment par
l’octroi des crédits par des instances autres que les comités de crédit.
Le directeur général également utilise parfois sa signature
frauduleusement au préjudice de l’EMF. Avec en prime des
surfacturations, l’octroi des crédits fictifs,... Des mauvaises
pratiques et bien d’autres qui sont à l’origine de la banqueroute dans
les établissements de microfinance au Cameroun», note le journal.
Dans la logique de revoir le système de gouvernance dans les EMF et
dans le but de donner des outils aux responsables des microfinances pour
une meilleure gouvernance, le cabinet Microfinance Académie en
partenariat avec l’Anemcam organise du 19 au 21 avril 2017, un séminaire
de renforcement des capacités des élus et du staff technique des
établissements de microfinance.
«C’est important de savoir ce qu’on doit faire exactement. Les
uns et les autres ont pu apprendre quelles sont les missions de la
microfinance, savoir ce qu’il doit être, qu’est-ce qui ne l’est pas. On
doit toujours mettre à l’esprit que la microfinance est là pour
travailler pour les pauvres. Chacun doit être à sa place et ne pas
s’ingérer dans le domaine de l’autre. Il faut apprendre la bonne
gouvernance. Nous souhaitons avoir régulièrement ce genre de formation», affirme l’honorable David Mamfouo, PCA de l’EMF Nofia.
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