La compagnie publique éthiopienne, numéro un du transport aérien sur
le continent, fête ses 70 ans. Stratégie, flotte, équipage… Ça plane
pour elle !
Depuis son premier vol commercial, le 8 avril 1946, entre
Addis-Abeba et Le Caire, Ethiopian Airlines collectionne les succès. Le
numéro un des transporteurs aériens du continent en termes de flotte, de
destinations, de passagers, de fret, de chiffre d’affaires et de
bénéfices engrange les records et les prix.
Élue meilleur opérateur d’Afrique par l’Association des compagnies
aériennes africaines (Afraa) pour la quatrième année consécutive en
2015, la compagnie a mis moins de dix ans à distancer la concurrence en
reliant le continent au reste du monde. Quelles sont ses recettes ?
Un fonctionnement autonome
« Un succès capitaliste pour l’Éthiopie communiste
» : c’est ainsi que le journal américain The Christian Science Monitor
décrit la compagnie en 1988. Le Gouvernement militaire provisoire de
l’Éthiopie socialiste (Derg) du dictateur Mengistu Haïlé Mariam confirme
le statut commercial de l’entreprise et interdit toute intervention de
l’État, son unique propriétaire – ce qui lui permet par ailleurs de
bénéficier de quelques exonérations fiscales…
Une image de marque soignée
Ethiopian Airlines a recruté, à la fin de l’année dernière, une
trentaine de jeunes Chinois pour étoffer l’équipage de ses 28 vols
hebdomadaires vers la Chine, sur lesquels « 80 % des passagers ne
parlent que le mandarin ». L’opérateur a aussi réussi un joli coup
médiatique en faisant voler en novembre, entre Addis-Abeba et Bangkok,
un avion dans lequel l’équipage était exclusivement féminin.
Une école de pilotage à la pointe
Inauguré en 1964, le centre de formation d’Ethiopian Airlines fait sa
fierté. Plus de 1 300 étudiants, de 49 nationalités différentes, ont
fréquenté ses bancs en 2015. Ils devraient être trois fois plus nombreux
en 2020. L’école de pilotage est la seule sur le continent à disposer
du simulateur de vol pour Boeing 787 Dreamliner.
Une flotte dernière génération
Après avoir été la première compagnie africaine à mettre en ligne des avions à réaction, puis un Boeing 767, Ethiopian Airlines complète désormais sa flotte avec des Boeing 787.
Depuis 2010, l’entreprise a investi plusieurs milliards de dollars pour
acquérir 32 nouveaux appareils. Objectif : disposer de 150 avions d’ici
à 2025.
Un patron 100% maison
PDG d’Ethiopian Airlines depuis 2011, Tewolde Gebremariam n’a connu
que cette entreprise, dont il a gravi tous les échelons depuis son
arrivée en 1984. Il aurait fait l’objet d’une tentative d’assassinat par
des Érythréens en 1994, pour avoir inspecté d’un peu trop près l’un de
leurs appareils.
Un marché captif
« Ethiopian Airlines a été la compagnie la plus protégée du continent
par son gouvernement », assure un expert aérien. Dans un ciel longtemps
fermé à la concurrence et grâce à la manne que représentent les
expatriés de l’Union africaine, l’opérateur a bénéficié des meilleures
conditions pour décoller, avant d’ouvrir un peu son marché pour mieux
s’installer sur celui des autres.
Une fidèle alliance
Dès 1941, pour lancer la compagnie aérienne dont il rêve, l’empereur
Haïlé Sélassié Ier se rend aux États-Unis. Quelques années plus tard, un
accord est signé avec les représentants de la Transcontinental and
Western Airlines (TWA) pour la création d’Ethiopian Airlines. Hormis
quelques appareils récupérés dans les hangars américains, la compagnie
achète exclusivement des Boeing. Une fidélité qui prendra fin dans les
prochains mois, avec la réception de 14 Airbus 350.
Jeune Afrique

