Le président Mahamadou Issoufou a décidé de remplacer le ministre de
l'Enseignement supérieur du Mohamed Ben Omar, comme en témoigne la
publication d'un décret sur le sujet ce mardi 18 avril.
L'objectif :
faire dégonfler la crise qui règne dans le milieu universitaire.
Pour désamorcer un conflit qui dure depuis plus d’une semaine
entre le gouvernement et les syndicats d’ étudiants, ces derniers
avaient exigé un « préalable » : le départ du ministre de l’Enseignement
supérieur du Mohamed Ben Omar. Ils ont été entendus. Mardi 18 avril, un
décret a été signé par le président Mahamadou Issoufou prévoyant
l’échange de portefeuille entre Mohamed Ben Omar et le ministre de
l’Emploi et du Travail Yahouza Sadissou.
« Ce remaniement technique est le fruit d’un besoin ressenti par le
président de la République de ramener la sérénité dans le secteur de
l’Enseignement supérieur […] suite aux événements regrettables à tout point de vue du 10 avril », a précisé Gandou Zakara, secrétaire général du gouvernement qui a lu le communiqué à la télévision nationale.
Débordements
L’origine de la crise qui agite actuellement les étudiants
nigériens remonte au lundi 10 avril. Ce jour-là, plusieurs centaines
d’étudiants décident de manifester sur le campus de l’université de
Niamey pour réclamer de meilleures conditions de travail. Mais la
situation dégénère rapidement.
Très vite, les manifestants bloquent la circulation à l’aide de pneus
enflammés, de troncs d’arbres et de blocs de pierres, et des
affrontements éclatent entre étudiants et forces de l’ordre. Un mort
côté étudiant est à déplorer, selon les autorités nigériennes, deux
selon la société civile.
D’après un bilan officiel des manifestations, rendu public le
lendemain, 313 personnes ont été interpellées, dont 57 ont ensuite été
libérées ; 109 blessés ont été recensés, parmi lesquels 88 manifestants
et 21 policiers. Le campus universitaire de Niamey est resté fermé
depuis.
3 préalables à toute discussion
Ainsi, pour calmer les esprits, le président du Niger, Mahamadou Issoufou, s’est entretenu samedi 15 avril avec des syndicats d’étudiants.
« Nous avons rencontré le président de la République et des engagements
ont été pris pour renouer le dialogue entre l’l’Union des scolaires
nigériens (USN) et le gouvernement », a affirmé à la radio Ousseïni
Sambo, le secrétaire général de l’USN.
Toutefois, ce syndicat a posé trois conditions pour engager un
dialogue avec les autorités. La première : le remplacement du ministre
de l’Enseignement supérieur. Le syndicat accusait en effet Mohamed Ben
Omar « d’avoir fait violer les franchises universitaires » par « les
forces de l’ordre qui ont réprimé les étudiants » sur leur campus.
Le deuxième préalable était l’ouverture « d’une enquête
indépendante » pour faire « la lumière sur la mort de l’étudiant »
décédé le 10 avril dernier. Les autorités ont fait état du décès d’un
« manifestant blessé suite à une chute », sans lien avec les
« opérations de maintien de l’ordre ». L’USN a affirmé que la victime,
Mala Bagalé, un étudiant en troisième année de sociologie, avait
succombé après avoir été atteint par « une grenade lacrymogène ». Là
aussi, les autorités ont bien annoncé l’ouverture de l’enquête.
Le troisième préalable de l’USN était « la libération » de quatre
dirigeants étudiants. Ces quatre étudiants ont tous été relâchés mardi
18 avril en début de soirée, selon une source syndicale et le
responsable d’une ONG, qui ont assisté à leur sortie de la prison civile
de Niamey.
Pour faire aboutir ces trois préalables, l’USN avait décrété « la
suspension des cours dans tout le pays, jusqu’à nouvel ordre ».
Source: jeune Afrique

