Ce que les Chinois, les Turcs, les Indiens
réussissent à faire, pourquoi les entreprises françaises ne le
feraient-elles pas ? demande Etienne Giros.
Avant tout, il s’agit d’être conscient que le développement
de l’Afrique est une priorité absolue. Pour le continent lui-même
d’abord, confronté à des défis gigantesques : la pauvreté, la population sans cesse croissante, l’emploi, le manque d’infrastructures. Le développement est la seule manière de lutter
contre les flux migratoires (dramatiquement illustrés par la forte
poussée de la migration subsaharienne ces derniers jours), le terrorisme
qui se nourrit de la pauvreté, et l’explosion démographique. Il y a
urgence, et bien que ce ne soit pas une préoccupation première de
l’opinion, c’est une question qui nous concerne directement en France et
en Europe. C’est donc une vision politique qu’il faut avoir. Angela Merkel l’a bien compris, en plaçant l’Afrique au centre des objectifs du prochain G20.
Ensuite, être
convaincu que l’Afrique est une chance formidable pour la France et ses
entreprises. Ce continent est maintenant totalement ouvert à la
mondialisation, et nos positions de 2030 se construisent aujourd’hui. Ce
que les Chinois, les Turcs, les Indiens réussissent à faire,
pourquoi les entreprises françaises ne le feraient-elles pas ? Nos
avantages concurrentiels sont déterminants : nous partageons la langue,
le droit commercial, la monnaie, et surtout une proximité ancienne et
profonde avec le continent. Investissons dans ces pays amis, et nous
soutiendrons notre propre croissance. Sans parler de l’influence que cela confère à la France, encore considérée de ce fait comme une puissance qui compte.
Au final, il nous faut instaurer un esprit collectif qui marque la forte détermination de notre pays à développer
ses positions en Afrique. Un système où les pouvoirs publics, les
entreprises et les organismes financiers jouent totalement collectif et
partagent la même ambition, comme d’autres pays africains ou européens
savent parfaitement le faire. De bonnes initiatives ont déjà été prises
en ce sens, par exemple le renforcement de Bpifrance, de Business France
ou de l’Agence française de développement (AFD), mais il faut
sérieusement accélérer le mouvement et jouer plus vite et plus agilement, pour que Paris s’impose comme le hub incontournable pour l’Afrique.
Voilà quelques axes qui pourraient fonder une relance de nos positions en Afrique, et qui traduiraient l’enjeu que ce continent représente pour nous, mais aussi l’espoir et la confiance que nous plaçons en lui.
Source: lemonde.fr
La France vit un bouleversement politique d’une ampleur surprenante. Sous l’impulsion d’un président de 39 ans, un large renouvellement du personnel politique va de pair avec un écroulement des partis traditionnels et l’émergence d’une nouvelle majorité. Les relations avec l’Afrique seront évidemment impactées par ce mouvement. A cette occasion, qu’il soit permis aux entreprises françaises investies en Afrique de mettre en avant quelques principes qui sont autant de convictions fortes et qui devraient guider la future politique de la France.
La fin de la Françafrique
La politique africaine de la France doit miser sur l’entreprise, française ou africaine, pour atteindre les objectifs du développement. C’est en bonne voie, grâce à l’arrivée sur le marché africain de nouveaux acteurs français, issus de la diaspora ou du digital, et un nouveau discours et positionnement des Français. La fin de la Françafrique et des rentes de situations est actée. C’est pourquoi il faut encore davantage contribuer à améliorer l’état de droit et le climat des affaires, favoriser le cofinancement et le soutien à l’investissement privé, simplifier les procédures administratives de gestion de projets, et toujours et encore encourager les entreprises.Voilà quelques axes qui pourraient fonder une relance de nos positions en Afrique, et qui traduiraient l’enjeu que ce continent représente pour nous, mais aussi l’espoir et la confiance que nous plaçons en lui.
Source: lemonde.fr

