Le Combat pour l’alternance politique en 2015 (CAP 2015), coalition
de cinq partis de l’opposition,
et le Parti national panafricain (PNP)
ont annoncé mardi lors d’une conférence de presse leur volonté d'agir
conjointement pour obtenir les réformes politiques qu'ils réclament et
ouvrir la voie à l’alternance au Togo. Une mobilisation est déjà prévue
le 25 août.
La conférence de presse organisée ce 22 août dans un hôtel
de Lomé par le Combat pour l’alternance politique en 2015 et le Parti
national panafricain marque-t-elle, comme l’indiquent ses organisateurs,
un tournant politique majeur au Togo ?
Au lendemain de la mobilisation du 19 août,
Tikpi Atchadam, le leader du PNP, avait appelé, Jean-Pierre Fabre, le
chef de file de l’opposition, à se joindre à lui pour « prendre des
mesures nécessaires dans le sens de l’amplification des mouvements à
l’intérieur comme à l’extérieur du pays ».
Appel entendu puisque CAP 2015, coalition de cinq partis de
l’opposition qui ont porté la candidature de Jean-Pierre Fabre à la
dernière présidentielle, annonce une série d’actions en synergie avec le
PNP pour obtenir du pouvoir les réformes politiques demandées.
« La journée d’aujourd’hui est le début du commencement, qui
va marquer l’histoire de notre pays », a indiqué ce mardi Tchatikpi
Ouro-Djikpa, conseiller de Tikpi Atchadam, invisible depuis les
événements du 19 août.
Journée de recueillement
Le 25 août devrait donc faire figure de test pour évaluer la
capacité de mobilisation de cette alliance dont les contours ne sont
pour le moment pas connus.
« CAP 2015 et le PNP décident de faire de la journée du
vendredi 25 août une journée de recueillement et de prières en hommage
aux victimes des massacres des 19 et 20 août 2017 »,
ont indiqué les responsables des deux entités. Elles demandent donc « à
toutes les forces vives de la nation de cesser toute activité
professionnelle et économique toute la journée du vendredi 25 août 2017
de 6 heures à 18 heures » pour exiger notamment la libération des
personnes arrêtées lors des dernières manifestations. Une journée pour «
répondre à un besoin d’enterrer les morts et les honorer », explique
Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, secrétaire générale de la Convention
démocratique des peuples africains (CDPA) et présidente de CAP 2015.
« Des discussions sont actuellement en cours avec d’autres
regroupements de l’opposition et des organisations de la société civile
pour que ceux-ci rejoignent les initiatives futures de libération du
Togo », confie à Jeune Afrique une source au sein des instances dirigeantes de l’ANC.
Jean-Pierre Fabre bientôt de retour ?
Cette même source annonce le retour imminent à Lomé de
Jean-Pierre Fabre, en tournée à l’extérieur du pays, pour une rencontre
avec Tikpi Atchadam « afin de discuter des moyens à mettre en place sur
le moyen terme pour obtenir des victoires politiques rapides ».
Il est clair que certains partis de l’opposition ont des objectifs inavoués », estime le ministre de l’Administration territoriale
Pour sa part, Payadowa Boukpessi, le ministre de l’Administration territoriale, contacté par Jeune Afrique,
rappelle que « le Togo est un État de droit qui a toujours respecté la
liberté de manifestation. Nous avons enregistré à ce jour 113 partis
politiques et une loi votée par le parlement depuis 2011 qui régit les
manifestations. Nombre de partis politiques enregistrés ont
régulièrement organisé des manifestations en respectant cette loi. Au
regard des déclarations que nous entendons ici et là, il est clair que
certains partis de l’opposition ont des objectifs inavoués. De
l’exigence des réformes à la demande du départ du président de la
République, il y a un grand pas. Les manifestations doivent se faire
dans le respect des lois. Et ces manifestations doivent se faire de
façon à permettre aux citoyens qui ne manifestent pas de pouvoir vaquer
librement a leurs occupations ».
Par Edmond D'Almeida - à Lomé
Source: Jeune Afrique

